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Pourquoi Donald Trump — l’homme qui, depuis des mois, fustige la timidité de Jerome Powell sur les taux, l’accusant de mollesse monétaire et de frilosité inflationniste — choisit-il pour lui succéder Kevin Warsh, faucon doctrinal, ennemi juré du QE et adepte quasi pathologique de la dépendance aux données ?Parce que la contradiction est devenue un instrument de gouvernement.
La Réserve fédérale, sous Warsh, ne pourra pas se contenter d’imprimer des billets et de réciter les mantras du pilotage fin. Elle devra relancer une politique expansionniste. Massivement. Mais pas sans justification. Il faut un prétexte.
Et le prétexte, comme toujours, c’est le chaos.Le vrai.
Celui qui structure désormais le monde.Nous vivons dans un système où le dollar a perdu 11 % en douze mois — et où, dans le même temps, Donald Trump affirme qu’il se porte « très bien ». Le langage n’est plus un outil descriptif : c’est un dispositif de désorientation.
Ce que Trump vise, ce n’est pas un changement de personne à la tête de la Fed. C’est la liquidation finale de son indépendance. La transformation de la banque centrale en organe exécutif de la survie budgétaire.
L’Amérique traverse-t-elle une Weimar asymptomatique ?
Une inflation encore contenue dans les statistiques mais déjà vécue dans les corps, nécessaire comme l’était jadis la dépréciation pour rendre supportable l’insoutenable : une dette publique entrée dans l’année du grand mur de maturité, du roulement forcé, du retombement.Le dollar doit-il chuter pour que le système reste debout ?
Doit-il redescendre pour rendre gérable un stock monstrueux de promesses déjà mortes ?Quoi qu’il en soit, l’inflation réelle est là. Les Américains la vivent. Ils la paient. Les chiffres officiels ne sont plus qu’un récit parmi d’autres.
Et pendant ce temps, la fragilité bancaire atteint un niveau six fois supérieur à celui de 2008. Six fois.
Autrement dit, face à une inflation quasi garantie et à un système bancaire sous perfusion, la banque centrale devra fonctionner en mode expansionniste. Vite. Et avec la pelle.Peut-être faut-il s’attendre à un événement progressif : un glissement discret vers un nouvel objectif inflationniste — 3 %, 4 % — présenté comme une simple adaptation technique. Une « nouvelle normalité ».
Ou peut-être y sommes-nous déjà, dans cet état d’inconscience collective où l’impondérable est perçu mais jamais nommé.Cette inflation, que chacun sait supérieure aux données publiées, est devenue structurelle. Elle comprime le pouvoir d’achat, érode les salaires réels, mais rend le roulement de la dette plus gérable. Elle est donc nécessaire.
Quelque chose doit intervenir pour soutenir la pantomime : celle d’un dollar qui se « porte bien » tout en se dévaluant à deux chiffres, au cœur d’une guerre formelle de tarifs, de droits de douane et de représailles commerciales.
Chers Nécros attention.
L’histoire n’est pas en train de s’écrire.Elle est en train d’être défaite.La Money power nous avait prévenuWe play togheter, we pay together.... -