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futur

  • Vassal un jour vassal toujours

    gaz,petrole,energie,trump,vassalisation,choc energetique,futurDans la nuit, pendant que les occidentaux dormaient sous perfusion de confort, la Thaïlande a pris une gifle de 22 %. Le litre d’essence, lui, n’a pas dormi. Il a bondi. Vingt-deux pour cent. Du jour au lendemain. Pas un bug, pas une “erreur de virgule” comme ils disent chez les technos de Bruxelles, ceux qui déplacent des chiffres comme des pions. Non. 22 %. Cash. Brut. Comme une accélération de l’effondrement.

    Pendant ce temps, le shérif orange — Trump, le revenant des plateaux télé — menace l’Europe : “Signez ou pas de GNL Yankee.” Il tient le tuyau d’oxygène de la vieille dame européenne, et serre doucement. Amor fati énergétique. L’Europe s’exécute aussitôt, en chien battu. Pas un mot sur la dépendance, pas un mot sur la souveraineté : que des couinements sur les migrants. Pendant qu’à Moscou, on se fume un cigare sur la scène, hilare, en regardant les Européens se disputer des miettes de gaz.

    Les chiffres, ces bourreaux froids, racontent la suite du cauchemar :
    Les Pays-Bas : 6 % de remplissage.
    L’Allemagne : 22 %. Nationaliser, implorer, rationner. “Urgence” est le nouveau mot magique — l’ancien, “croissance”, a fini dans le musée des illusions.
    Partout ailleurs : 28 %. L’Europe sous perf' gazeuse agonise en sifflant le TTF d’Amsterdam, envolé de 55 %. La guerre d’Iran ferme le Détroit d’ormuz ? On compense par du chantage made in USA. Tout va bien, on appelle ça “partenariat transatlantique”.

    Le vrai problème, c’est la chaleur.
    Ce n’est pas l’hiver qu’il faut craindre, c’est l’été. L’été tropical sous nos latitudes. Des climatiseurs affamés, une demande qui explose, une compétition à mort avec les dragons asiatiques pour quelques cargaisons de gaz liquéfié. Louer un camion-citerne coûtera bientôt le prix d’une villa sur la Côte d’Azur. Remplir, tout de suite, maintenant, car demain c’est déjà trop tard.

    Shell le dit sans trembler : en avril, la contagion énergétique frappera l’Europe. Pire qu’en 2022. On disait “crise” à l’époque ; aujourd’hui on dit “normalité”.

    Et ailleurs, sur le grand écran planétaire, les spectateurs se gavent de popcorn. Ils adorent les chutes d’empire, surtout quand elles sont bien éclairées.

     
     
  • Escalade ou Grand Toboggan

    file_00000000f2dc7246bc162cd09faa770c-_1_.jpgJ’ai vu assez de secousses pour reconnaître celles qui ne relèvent pas du simple tremblement de surface. Il y a des moments où le sol ne vibre pas : il cède. Et ce que nous traversons n’a plus rien à voir avec ces turbulences familières que l’on finit par intégrer, digérer, presque anticiper — ces cycles rassurants où la crise annonce déjà sa propre résolution. Non. Cette fois, quelque chose a rompu plus bas, plus profondément, dans l’ossature même.

    On le sent, confusément. Une intuition sourde, partagée, que quelque chose ne tient plus — même si les mots manquent, même si les routines persistent. Nous continuons à parler, à décider, à simuler la continuité, tandis que l’édifice se fissure sans bruit. Je ne pensais pas, moi non plus, devoir écrire depuis cet endroit-là. Pourtant, nous y sommes : face à des dirigeants qui ont ouvert une brèche que rien, dans le récit officiel, ne prévoyait.

    Alors épargnons-nous les sarcasmes faciles et les certitudes de façade. Il ne s’agit plus d’imaginer un basculement possible. Le basculement a eu lieu. L’étrangeté n’est plus une hypothèse — c’est le milieu dans lequel nous évoluons désormais. Reste à comprendre ce qui, précisément, a lâché. Et ce que cela implique d’être là, collectivement, à observer — presque médusés — une forme de pilotage erratique s’exercer sur une réalité qui, elle, ne pardonne rien.

    Tout se déroule à ciel ouvert. Personne ne peut détourner le regard. Personne ne peut prétendre ne pas voir.

    L’OTAN accélère son réarmement comme si la vitesse pouvait compenser la perte de sens, pendant que, en parallèle, la cohésion politique se délite fil après fil. L’Europe, elle, donne l’impression d’approcher un point de rupture interne — une tension qui ne cherche même plus à se dissimuler. Et si, dans ce tableau déjà instable, le détroit d’Ormuz venait à se fermer durablement, alors ce ne serait plus une crise parmi d’autres : ce serait un mécanisme d’implosion, lent peut-être, mais inexorable, alimenté par une pression énergétique que le continent n’est plus certain de pouvoir absorber.