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deflation

  • Japonification, la consummation mondiale se porte bien

     Le châtiment des neuf orifices à la japonaise ( vous serez punis par tous les orifices avec lesquels vous avez consommé n'est pas loin...) si l'on en croit nos amis de Deflation.comme . Rejoignant par là ce que j'annonçais en 2010 interview sans filet Crise et Mutation. Necronomy Power....

    La troisième plus grande économie du monde continue de lutter contre les forces déflationnistes.

    En effet, les prix à la consommation de base du Japon ont chuté en novembre à leur rythme le plus rapide depuis une décennie.

    Voici un extrait d'un article de Reuters le 17 décembre:

    Les prix à la consommation de base [du Japon], qui excluent les coûts volatils des aliments frais, ont chuté de 0,9% en novembre par rapport à un an plus tôt.

    C'était le quatrième mois consécutif de chutes et le rythme de baisse le plus rapide d'une année sur l'autre depuis septembre 2010.

    Bien que la baisse ait été largement imputée à la campagne de rabais sur les voyages du gouvernement et à la faiblesse des prix de l'énergie, elle a souligné à quel point la demande intérieure était lente à contenir les prix et à freiner la reprise après une crise induite par une pandémie.

    "La résurgence des inflexions maintiendra les gens à la maison et une baisse prévue des paiements de primes d'hiver empêchera une reprise de la consommation", a déclaré [l'économiste en chef du Norinchukin Research Institute.

    "Les prix à la consommation continueront de baisser à l'approche de 2021."

    Tout cela se produit malgré les précédents efforts de relance de la Banque du Japon.

    raisons pour lesquelles les banques centrales du monde entier, y compris la Réserve fédérale américaine, seront impuissantes à arrêter la déflation:

    "Les prix à la consommation continueront de baisser à l'approche de 2021." Tout cela se produit malgré les précédents efforts de relance de la Banque du Japon.: La Fed a gonflé l'offre de dollars à un taux annuel stupéfiant de 36% de 2008 à 2014 ... Étant donné la connaissance du gonflement de la Fed, de nombreuses personnes s'attendraient à ce que les indices des prix à la production et à la consommation augmentent à un taux de 36% par an. Mais ... le taux de variation annuel de l'IPP est proche de zéro et l'IPC n'a augmenté qu'à un taux de 2%. Les économistes ont eu du mal à expliquer pourquoi les prix à la production et à la consommation ont été si faibles. La réponse courte est que la psychologie déflationniste tend à prendre le dessus, peu importe ce que fait la Fed. Les prêts de la banque centrale et les emprunts publics ne parviennent pas à générer de la croissance économique L'économie a été atone à la fois en dépit et en raison de l'inflation record des banques centrales et des dépenses record des gouvernements du monde entier. Une dette élevée entraîne une stagnation économique et finalement une déflation. Le Japon avait l'une des économies les plus fortes du monde entier, avec une croissance de 9% pendant 20 ans jusqu'en 1973, puis un taux assez élevé d'environ 4,5% jusqu'en 1994. À partir de là, il était en moyenne d'environ 1%. La raison pour laquelle le Japon est en difficulté a été exprimée dans un titre du 1er novembre 2012 de MarketWatch: «Le Japon est pire qu'un piège déflationniste». Mais ce n'est pas pire qu'un piège déflationniste. C'est juste un piège déflationniste. Voici ce que dit l'article: "Les décideurs politiques ont échoué de manière spectaculaire. Une déflation brutale persiste. Les responsables japonais ont tenté une relance monétaire, y compris des taux d'intérêt nuls et un assouplissement quantitatif." Cela vous semble-t-il familier? Et ici: "Les relances budgétaires passées ont fait monter la dette nationale à 200% du PIB." Cela vous semble-t-il familier aussi? Et enfin, "L'aspect le plus troublant du malaise japonais est peut-être psychologique." C'est la clé de tout.

    https://www.deflation.com/

  • Un récap nécronomique de l'année 2020

    Combien de fois par jour dans les démocraties de Marché une personne est-elle confrontée à la mort ? À la sienne et à celle de ses proches ? De façon peu fréquente à moins d’imprévus ou d’accidents. On a retenu de ce fait avéré que le rapport à la mort ne se vit pour nous qu’à distance. Le plus souvent dans l’actualité ou les produits culturels consommés. Et lorsqu’elle gagne en proximité, elle devient taboue ou problématique. 

    Mais, cette fois c’est différent, la mort n’est plus muselée par la machinerie méthodique des medias qui refusaient de la rencontrer.  La mort, autrefois apprivoisée par satellite sur les écrans plasmas des salles de rédaction et masquée d’un loup blême pour ne pas affoler le consommateur, devient omniprésente. Le lecteur de soixante millions de consommateurs se souvient qu’il est mortel. Ne dit-on pas que les hommes construisent des maisons pour oublier qu’ils le sont ? Tous les soirs, c’est la même litanie. Le bulletin des morts de la veille remplace le bulletin météo. Une mort au nom latin qui signifie virus à couronne vient défier, diviser et bouleverser le cycle travail, consommation et la fade éternité des démocraties de Marché. Cette mort auréolée nous rappelle qu’elle est la véritable impératrice.

    Jamais, dans l’histoire du capitalisme, une crise économique mondiale n’avait été décidée politiquement. Mi-avril, 57 % de la population mondiale, plus de 4,5 milliards de personnes étaient appelées ou contraintes à rester chez elles. Du jamais vu…Des pans entiers d’agents économiques apprenaient avec stupéfaction qu’ils étaient « non essentiels » à la vie. Autrement dit, relégués au rang de services superflus ou de gadgets. L’économie de doucereuse et banale était devenue belliqueuse et brutale. La population résignée et terrifiée se soumit plutôt bien au premier confinement. Puis vint la deuxième vague et le nouveau confinement.

    C’est alors qu’apparurent les hurlements de désespoir de tous ceux qui préféraient la mort à la mort économique. La mort économique devenait supérieure à la mort tout court, comme si, du jour au lendemain, le virtuel affirmait son primat et sa supériorité sur le réel. Une mort économique inédite… une odyssée nouvelle  tout comme la sonde pénétrant les espaces, rencontre queues de comètes et trous noirs, continuant d’émettre cependant, antennes, cameras et systèmes de régulation. Nous étions dans un État d’exception. Une période où il fallait selon les dires de politiques tout entier tournés vers le Verbe se contenter d’exister sans vivre. Le langage même est un virus écrivait William Burroughs. Nous étions intoxiqués d’injonctions qui colonisaient notre conscience et nous utilisaient comme véhicules pour se déplacer d’un corps à un autre. Tester, Alerter, Protéger. Le contrôle était désormais coproduit par les contrôlés à travers des applications comme STOP COVID ou son successeur TOUS ANTI COVID. Il prenait donc appui sur la responsabilité individuelle et le devoir citoyen dont il faisait ses carburants. Joli transfert d’impuissance étatique sur le citoyen désigné fautif de son malheur…

    Dans cette pandémie de peur dont on ignore encore si elle renforcera la santé des labos plus qu’elle ne fera de dégâts, chacun se rassure sur son infortune en espérant que le virus ne touche que les personnes à risque. Vieux, diabétiques, obèses, malades chroniques… Le premier Nobel d’économie français Gérald Debreu posait, en son temps, une question avec ses travaux sur l’équilibre général. Notre société repose sur un équilibre, celui de la durée de vie des très vieux. Fallait-il les débrancher plus tôt pour faire des économies de sécurité sociale ou les maintenir sous perfusion pour créer des emplois de jeteurs de couches usagées ? Travaux étonnants de modernité qui mettait en évidence la prédominance de la mort économique sur la mort.

    Car, tyrannique, l’économie était le tout ; la quête mythique qui régénère et désintègre ; l’acte de violence et la génuflexion, la splendeur et le simulacre, la transfiguration et le miracle…puis l’Apocalypse. Il n’est pas pire destin que celui qui consiste à s’appauvrir sur le lieu même de sa richesse nous hurlaient les chaines infos qui médiatisait la mort. « Les gens ne veulent pas d’argent, ils veulent travailler ».

    Les journaux télévisés sont devenus les produits dérivés de la mort. La voracité des chaînes les transforment en centres appliqués d’anthropologie et de nécrophilie. Les présentateurs devenus anesthésistes réanimateurs du peuple ânonnent ce qu’ils lisent sur leur prompteur funèbres. Les cadavres peuvent devenir source de profit.

    Devant l’effondrement inattendu, l’absence de masques, de tests et même de médicaments, tout le spectre politique droite et gauche est redevenu souverainiste. Les élites qui avaient voulu la mondialisation exhortent désormais les consommateurs à acheter français et à soutenir l’économie nationale au détriment des multinationales et des GAFAM. Sans se demander si les consommateurs en possèdent encore les moyens. L’achat français comme l’achat bio est couteux hors discount. Les équipages assoupis des agences de publicité et de marketing qui vantaient le consommActeur du nouveau monde à venir planchent sur leur nouveau pipoti pipota : le consommateur citoyen. Encore une façon de transférer la responsabilité sur le citoyen.

    Des décades auparavant, les mêmes élites nous vendaient un pacte faustien : gagner en tant que consommateur ce que nous allions perdre en tant que producteur. C’était l’époque des délocalisations. Le capitalisme, dès les années 70, avait compris qu’il y avait beaucoup plus d’argent à gagner de la propension des gens à acheter n’importe quoi qu’à les faire travailler plus. On nous parlait alors de société de loisirs qui reposait sur la consommation. Puis vint l’Euro et l’accélération de la mondialisation. La concurrence endiablée ne pouvait plus permettre d’augmenter les salaires pour cause de compétitivité. Qu’importe, les gains de pouvoir d’achat liés à la mondialisation rééquilibreraient le tout.

    Le virus que l’on présente comme un choc exogène pour exonérer le libre échangisme mondialisé de toute responsabilité, anéantit tout cela. Avec effroi, les élus qui n’ont pas tenu compte des votes du peuple découvrent que dans les démocraties de Marché l’acte d’achat est plus important que le droit de vote et que notre avenir commun se décide au centre commercial ! Achetez français, vieux slogan communiste devient le mot d’ordre des libéraux. De l’urne électorale à l’urne funéraire, la différence tient à la qualité de la crémation…

    Le Virus est l’agent invisible qui rend visible à tous et à toutes ce qui était caché aux yeux et à l’entendement. Le virus agit comme un puissant révélateur généralisé de tout ce qui était dissimulé, ou qui l’était encore. Les habitudes des gens, leur usage de l’internet et des réseaux sociaux, la misère, le prolétariat invisible, la réalité des moyens des hôpitaux, les vérités, mensonges et dénis, les turpitudes du pouvoir d’État et du capitalisme, industriel comme financier. Et aussi du vrai du faux, de l’articulation du réel, de la réalité et du symbolique, de la puissante réalité de l'irrationnel, de la vraie solidarité comme du repli sur soi… Cette fonction révélatrice du virus représente, que l'on en soit conscient ou non, un formidable bouleversement culturel, des savoirs, des prises de consciences des uns et des autres et des uns sur les autres. De nouvelles lignes de rapport de force, de ruptures,  d’alliances, d’associations se dessinent. C'est sans précédent. Surtout dans un monde de 7 milliards d’habitants. Bien sûr, on cherche des responsables, des coupables , dans toutes les strates de la société, des gens qui savaient et n’ont rien dit pour ne rien faire de couteux, des gens qui ne se sont pas donnés la peine, ou qui tout simplement, ne pouvaient chercher, des gens qui avaient l’intuition, mais n’en avaient pas la preuve, des gens qui ne savaient rien, mais avaient des avis sur tout, des gens qui avaient contribué à détruire les moyens dont nous manquons cruellement etc… Le virus se joue de tout cela. Les structures verticales hiérarchiques entrainées de longue date à prélever, exploiter et réduire les moyens se révèlent impuissantes. Dans ce contexte d’anomie, les individus séparés les uns des autres, ne sont plus reliés presque uniquement entre eux que par leur référence à la chaine de commandement des « gouvernances ». La destruction des liens sociaux horizontaux, incluant solidarités, conflictualités, amours, rivalités, amitiés, est la manifestation de l’aliénation sociale, de l’a-liénation, de l’absence du « relier ». Les individus sont dénudés de leur subjectivité qui se conjugue si bien sur le mode social (je, tu, il, elle, nous, vous, ils elles). Reste le « moi », nu et vulnérable, « narcissisé », prêt à être recouvert de la tutelle protectrice de la gouvernance algorithmique qui se substitue aux liens sociaux horizontaux dissous. La chaine hiérarchique qui relie tous ces « moi » aliénés car dénudés de leur subjectivité diffuse directement son emprise dans le corps social sans intermédiaires. Est-ce cela le biopolitique qui organise la traite du vivant aux dépens de l’existence ? Alors comment y croire encore, même juste un instant puisque l’instant présent est tout ce qui nous reste ? Comment y croire lorsque des gouvernants délégitimés par leurs mensonges nous apparaissent comme des prêtres pédophiles qui nous exhorteraient à croire ?

    Non au référendum, non au passeport santé, non à la bulle verte

    Une belle synthèse de mon ami André Bellon, une des rares bonnes rencontres que j'ai pu faire cette année dans le monde réel.

    https://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article1834

  • Winter is coming

     

    Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratiev (nom de l’économiste soviétique qui a développé cette théorie) qui a commencé il y a quarante ans, quarante cinq ans après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.

    Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratiev, lorsque le déclin virtuel devient réel : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle. C’est le cas aujourd’hui même si les banquiers centraux viennent juste de reconnaître ce fait.

    Les trois courbes mondiales des prix de la main-d'oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s'achever n'a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu'en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu'en 1945. En fait, la dernière période d'accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n'a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

    Le capitalisme est omnivore, il capte le profit là où il est le plus important à un moment donné ; il ne se contente pas de petits profits marginaux ; au contraire, il les maximise en constituant des monopoles - il l’a encore fait dernièrement dans le numérique via les GAFA. Mais je pense que les possibilités d'accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Raison pour laquelle, on spécule maintenant sur du capital fictif comme au NASDAQ. C’est-à-dire du travail non consommé. Point important car l'on sait depuis Marx que la plus-value ne vient que du travail de l'homme.

    Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries de plus en plus appauvries.

    Cela dit, la crise la plus récente similaire à celle d'aujourd'hui est l'effondrement du système féodal en Europe, entre les milieux du XVe et du XVIe siècle, et son remplacement par le système capitaliste. Cette période, qui culmine avec les guerres de religion (encore une analogie avec ce que nous vivons), voit s'effondrer l'emprise des autorités royales, seigneuriales et religieuses sur les plus riches communautés paysannes et sur les villes. C'est là que se construisent, par tâtonnements successifs et de façon inconsciente, des solutions inattendues dont le succès finira par "faire système" en s'étendant peu à peu, sous la forme du capitalisme.

    Désormais le choix est clair : où les banquiers centraux continuent de soutenir la bourse et l’immobilier à grand renfort de planche à billets ou ils utilisent cette planche à billet pour acheter les dettes des États mais aussi pour lancer un vaste plan de relance compatible bulle verte ou Grand Reset et créent ainsi un nouveau moteur d’accumulation du capital. Sinon cela ne sera même pas la fameuse stagnation séculaire mais la stagdéflation comme je l’ai toujours dit. La japanification…la déflation dont le Japon n'est jamais sorti depuis les années 90.