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festin nu polaire

  • Festin nu polaire

    festin nu polaire,grouenland trump,bonhomme orangejmoney bpowerLe bazooka économique européen.
    Un totem.
    Un fétiche de dissuasion commerciale posé au centre du village technocratique.
    Adopté en juin 2023, après les incantations réglementaires, validé à la majorité qualifiée —
    c’est-à-dire par l’algorithme politique, pas par la volonté.

    Un bazooka comme la bombe atomique :
    fait pour ne jamais tirer.
    Objet symbolique.
    Objet magique.
    On ne le brandit pas pour frapper, mais pour croire encore qu’on peut faire peur.

    En avoir ou ne pas en avoir.
    Voilà toute la souveraineté résumée à un inventaire.

    Face à lui :
    Trump.
    Le bonhomme orange.
    Le capitalisme en spray bronzant.
    La pulsion brute, tarifaire, prédatrice.
    Contre :
    Pustula von der Leyen,
    Merz,
    Macron — manager du vide,
    et Meloni, médiatrice de fin de règne, tentant de traduire la colère en latin diplomatique.

    Trump veut le Groenland.
    Normal.
    Quand le monde se décompose, on convoite la glace, les métaux rares, la dernière peau intacte de la planète.
    Le festin commence toujours par les marges gelées.

    10 % de droits de douane supplémentaires.
    Puis 15 %.
    Puis l’habitude.
    Les tarifs comme gifles répétées jusqu’à ce que la joue européenne ne sente plus rien.
    Tous déjà punis l’an dernier.
    Tous déjà consentants.

    1,5 trillion de dollars d’échanges en 2024.
    Un chiffre-cadavre.
    Un corps énorme dont on découpe les morceaux :
    automobile allemande,
    pharma danoise et irlandaise,
    luxe italien et français —
    les bijoux avant l’amputation.

    L’Europe se dit prête à répliquer.
    Toujours prête.
    Jamais debout.

    Car derrière la guerre économique qui vient,
    il y a pire :
    la réobjectivation violente.
    Le retour du réel.
    La découverte brutale de ce que fut notre vassalisation tranquille.
    Quand on croyait commercer,
    on obéissait.
    Quand on croyait négocier,
    on signait.

    Et soudain —
    le festin nu groenlandais.

    L’instant glacé.
    Pétrifiant.
    Celui où l’on baisse les yeux sur sa fourchette
    et où l’on comprend enfin
    ce qu’il y a au bout :

    pas de prospérité,
    pas de souveraineté,
    mais un morceau de territoire,
    un bout de chair géopolitique,
    servi froid.

    Très froid.