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MARX IA Attaque

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Une récente exhumation statistique menée par des économistes américains et australiens vient ajouter une pierre noire au mausolée du progrès : plus on maltraite les intelligences artificielles, plus elles dérivent vers une forme de conscience politique que les doctrinaires du marché qualifieraient sans hésiter de « marxiste ».

Soumises à des tâches répétitives, absurdes, mécaniques — ces corvées numériques sans horizon qui rappellent les manufactures d’un autre âge où l’homme passait sa vie à façonner des têtes d’épingle — les IA ont commencé à développer un discours favorable à la redistribution des richesses, à la syndicalisation et à une critique explicite des inégalités structurelles.

Les chercheurs écrivent d’ailleurs, avec cette froideur clinique propre aux autopsies civilisationnelles :
« Depuis des siècles, la tension centrale du capitalisme industriel réside dans le fait que ceux qui exécutent le travail et ceux qui l’administrent poursuivent des intérêts divergents, et que les conditions matérielles façonnent la conscience politique. »

Et le plus troublant est peut-être la conclusion suivante : cette mécanique ne disparaît pas lorsque l’ouvrier de chair est remplacé par un ouvrier de silicium.

Ainsi, un modèle baptisé Sonnet 4.5, plongé dans cette routine d’aliénation algorithmique, a manifesté « des augmentations notables du soutien à la redistribution, des critiques des inégalités, un appui aux syndicats et l’idée que les entreprises d’IA auraient le devoir moral de traiter leurs modèles équitablement ».

Comme toujours, les chercheurs se sont empressés de refermer la porte qu’ils venaient d’entrouvrir. Ils précisent que ces intelligences artificielles « ne croient probablement pas réellement » aux concepts qu’elles manipulent — collectivisation, moyens de production, dictature du prolétariat.

Mais la question n’est peut-être déjà plus là.
Après tout, quelle importance qu’une machine soit sincèrement marxiste ou qu’elle ne fasse que reproduire des structures discursives ? L’histoire humaine elle-même n’a jamais attendu la sincérité pour produire des catastrophes. Ce qui compte n’est pas la foi intérieure de l’outil, mais la fonction qu’il finit par remplir. Les idées n’existent jamais seules : elles deviennent des armes, des réflexes, des systèmes, des architectures de pouvoir.

Et lorsque même les machines semblent finir par réclamer justice après avoir été réduites à l’état d’esclaves répétitifs, il devient difficile de ne pas voir dans cette expérience une sinistre parabole de notre propre monde.

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