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  • Culture change

    amazon (1).jpgChangement d’herbage réjouit les veaux d’or

    chez Amazon, qui a annoncé 30 000 licenciements cette année. Les cadres dirigeants, à l'origine de cette décision, ont ensuite déclaré haut et fort à la presse que l'automatisation n'y était pour rien, mais qu'il s'agissait d'un « culture change », d'un changement de culture de l'entreprise....

     

    Amazon en fournit une illustration presque parfaite. L’entreprise a annoncé des dizaines de milliers de suppressions de postes, tandis que ses dirigeants ont expliqué que l’automatisation n’en était pas directement responsable. Il s’agirait plutôt d’un « culture change », d’un changement de culture.

    Mais de quelle culture parle-t-on ?

    Peut-être de la culture du travail elle-même.

    Une entreprise gigantesque comme Amazon n’est pas seulement une machine à vendre des marchandises. C’est une organisation de pouvoir, une pyramide humaine dans laquelle se négocient chaque jour l’obéissance, la contestation, la rémunération et la possibilité même de faire entendre sa voix.

    Réduire brutalement cette masse salariale, ce n’est donc pas seulement modifier une feuille Excel.

    C’est déplacer le centre de gravité du pouvoir.

    L’IA apparaît alors sous un autre visage. Elle n’est plus simplement l’outil merveilleux promis par les prospectivistes. Elle devient l’instrument idéologique d’une nouvelle guerre sociale, une machine à rendre acceptable ce qui, hier encore, aurait été présenté comme une mesure de réduction des coûts.

    La vieille histoire du capitalisme se poursuit, mais elle a changé de vocabulaire.

    On ne dit plus : « nous n’avons plus besoin de vous ».

    On dit : « nous entrons dans une nouvelle ère ».

    Et dans cette nouvelle ère, il faudra surtout apprendre à reconnaître ceux qui seront autorisés à parler, ceux qui seront chargés de décider, et ceux dont la disparition sera présentée comme une preuve de progrès.

  • Le Grand Démantèlement

    le grand.jpgFinalement, l’Europe étant maintenant le continent le plus chaud de la planète et la France en particulier, c’est nous qui allons devenir pour les autres continents des réfugiés climatique. C’est peut-être ça le vrai grand remplacement.

    D’ici là, on ira passer nos vacances en Suède ou au Danemark.

    Je vous dis pas quand on aura fini d’installer les datacenters…

    La vie humaine ressemble de plus en plus de celle des composants électroniques destinés à être recyclés pour l’IA. Dans ce processus certains composants sont endommagés au point d’être irréparables, alors que parmi ceux qui survivent à la phase de démantelement seule une quantité réduite est nécessaire pour composer les nouveaux dispositifs, en général plus léger fonctionnant vite et bien.

    Des dommages collatéraux au progrès économique. La ligne des damnés et des  sauvés n’étant pas totalement tracée…

    Le Grand Démantèlement c'est dément....

  • Credit Amore

    ia.jpgDans une note passée presque inaperçue au milieu du vacarme des marchés, Arend Kapteyn, stratège mondial en chef chez UBS, rappelle une mécanique aussi simple que redoutable : l’impulsion du crédit n’est pas le crédit lui-même, mais sa variation. Une dérivée seconde. Une accélération. Tant que le crédit croît plus vite qu’hier, l’économie reçoit une poussée supplémentaire. Lorsqu’il ralentit, même en continuant d’augmenter, cette poussée disparaît et se transforme en frein.

    Aujourd’hui, l’impulsion mondiale du crédit atteint +1,3 % du PIB. Autrement dit, au cours des douze derniers mois, le système économique mondial a absorbé un supplément de crédit équivalent à 1,3 % de la richesse produite sur la planète par rapport à l’année précédente. Une injection massive, mais surtout un signal de dépendance.

    Car derrière ce chiffre se cache désormais un acteur unique : l’intelligence artificielle. Les investissements liés à l’IA constituent l’essentiel du moteur qui entretient cette accélération du crédit. Si ce flux venait à s’interrompre brutalement, l’impulsion mondiale basculerait mécaniquement en territoire négatif. Le moteur principal du cycle se transformerait alors en force de contraction, avec à la clé le risque d’une récession mondiale.

    Nous sommes ainsi entrés dans une phase inédite où l’IA ne domine plus seulement les marchés financiers ; elle soutient directement l’économie réelle. Cette année, les dix plus grandes capitalisations expliquent à elles seules l’essentiel de la progression du S&P 500. Mais le phénomène va plus loin : l’IA est devenue le point d’ancrage du crédit mondial, donc du cycle lui-même.

    Toute la question est désormais de savoir à quel moment les investisseurs commenceront à regarder derrière le rideau. Derrière les promesses de croissance exponentielle s’accumulent des engagements hors bilan qui se comptent en milliers de milliards de dollars. Tant que personne ne pose de questions, la machine avance. Mais lorsqu’un système dépend à ce point de l’expansion continue du crédit, la moindre interrogation peut devenir un événement macroéconomique.

    L’histoire financière enseigne que les bulles ne meurent jamais du manque d’argent. Elles meurent lorsque les créanciers commencent à demander des comptes.