Dans le sillage des crises successives qui, depuis quelques années, fissurent l’édifice de la société mondiale, quelque chose d’ancien semble remonter à la surface. À mesure que s’effondre la certitude d’un monde maîtrisable, le vieux réflexe autoritaire reprend ses droits. Il porte aujourd’hui des visages familiers : celui de Trump, entre autres, mais derrière ces figures se dissimule une mécanique beaucoup plus profonde.
Car le phénomène est, dans son principe, d’une simplicité presque sinistre.
Lorsque les marchés financiers vacillent, lorsque les monnaies tremblent, lorsque surgit une pandémie et que les frontières invisibles de la vie quotidienne se referment, ce n’est pas seulement l’économie ou la santé qui sont frappées. C’est la croyance même en notre pouvoir sur le monde. Une sensation obscure s’installe : celle d’être devenu la proie de forces qui nous dépassent, de puissances sans visage dont les décisions peuvent, en un instant, bouleverser l’existence de millions d’individus.
L’homme moderne découvre alors, avec une stupeur qu’il préfère ne pas nommer, qu’il n’est pas maître de la machine qu’il a lui-même construite.
Et pourtant, au cœur même de cette dépossession, le dogme demeure intact. Le capitalisme, son mode de vie, ses hiérarchies et ses nécessités supposées naturelles continuent d’être présentés comme l’horizon indépassable. Le système ne saurait être mis en accusation ; il faut donc chercher ailleurs la cause du mal.
C’est ici que surgit la vieille opération de transmutation politique.
La misère produite par une mécanique impersonnelle reçoit soudain un visage. La contradiction devient complot. La violence structurelle devient faute individuelle. Aux yeux de celui qui cherche une cause à son désarroi, il faut des coupables : étrangers, élites, bureaucrates, minorités, traîtres, parasites ou dirigeants prétendument incapables. Peu importe finalement leur identité. L’essentiel est qu’ils puissent être désignés.
Ainsi naît la fiction consolatrice d’un ennemi responsable de tout.
L’autoritarisme de droite prospère précisément dans cet interstice : entre la peur véritable et l’explication imaginaire qui lui est offerte. Il conserve intact le sanctuaire du capital tout en promettant de purifier le monde de ceux auxquels il attribue ses propres souillures.
La foule retrouve alors quelque chose qu’elle croyait avoir perdu : non pas le contrôle, mais le sentiment du contrôle.
Il suffit pour cela de nommer l’ennemi, de lui prêter une volonté maléfique et de promettre son châtiment. La catastrophe, devenue incompréhensible, acquiert ainsi une dramaturgie. Le chaos reçoit ses démons ; l’impuissance, son rituel ; la colère, son objet.
Et tandis que le système demeure debout dans l’ombre, on organise la chasse aux fantômes.
Commentaires
Théâtre de cendres sous la lune en fagot, ignoré par Neptune qui désire
et engendre, sa comédie pâlotte, épilogue rococo en des miettes qui sentent, mâchées par l’enclume d’un forgeron bigot, les odeurs divines d’un vampire malléable, dans le coton nocturne des espoirs intermèdes.
Lapins-boudoir de tour s’en vont; pauvre colère. Loukoum de rage lunaire, rétif et aminci, pressentant la défiance, le combat, la bouture, mâchouillé par un ange, démissionnaire content, de s’en aller des cimes, et creusant son départ, migrant de l’interstice, vers l’amour délavé, tel une sarbacane en son voyage blasé, une étoile dans la poche, visa pour les décombres, douanes inachevées, magicienne plus qu’ancienne, cycles longs du dessert, flèche de comédie, épilogue de lavande, en des restes rassis, ossements si pliables d’un linguiste au chômage.
Aujourd’hui, nos vaisseaux se croisent.
À part que, comme le dit Guichard dans " Mon vieux " : la gauche, la droite, les patrons …
Murat aimait Béranger…
" «Les dimensions séduisantes du répertoire de Béranger? L'idéal républicain, une liberté de pensée sans bornes, l'impertinence, un esprit libertaire. Béranger représente toutes les valeurs qui sont à l'origine de la chanson française. Il se permettait de dire merde au système et, dans le même temps, Louis XVIII puis Napoléon III le conviaient à leur table.
Chateaubriand a tout magouillé pour le proposer à l'Académie française.
Béranger a refusé en disant: Je ne suis pas poète mais chansonnier. On a voulu le nommer aussi ministre de l'Education nationale. Il a dit: à une condition, que toutes les femmes des pensionnats de France lisent ses textes pornographiques. Béranger, c'était l'essence de l'impertinence et de ce que devrait encore être la chanson française.»
«La chanson négationniste»
«Il est difficile de définir cette censure en … "
In " Le Temps ", mars 2005
Il s’agit bien d’autocensure, donc.
Beau dimanche, théâtre, horizons
l' Etat de merde
https://www.youtube.com/watch?v=NujTE3rSbfE&list=RDNujTE3rSbfE&start_radio=1
L état de merde actuel version 2026 moins "délicate " que celle de François Béranger...
Muzak
https://youtu.be/_vlxDa16i7c?is=PDcB-tQuBpvgla3Y