Pour les théoriciens dits « désobéissants », les institutions politiques ne sont plus que des otages consentants du capital multinational, des chambres froides où l’on enregistre, sans débat ni fièvre, les décisions prises ailleurs, dans la thermodynamique anonyme des flux globaux. Cette lecture est juste, mais incomplète. Car du nucléaire à la cybernétique, des nouveaux matériaux à l’ingénierie génétique, de l’électronique aux télécommunications, la montée en puissance de la technique — socle matériel de ce que l’on appelle naïvement la globalisation — procède d’une fusion ancienne, méthodique, entre l’appareil scientifique et l’appareil militaire. C'est ce que vient de rappeler Trump/
Sans complexe aérospatial, sans trains à grande vitesse, sans fibres optiques, sans ports automatisés ni hubs aéroportuaires, il n’y aurait pas de marché mondial, seulement des récits. Le capital ne circule pas dans l’abstraction : il exige des infrastructures lourdes, coûteuses, planifiées, administrées. Ajoutons à cela la fonction stratégique des guerres — non comme accidents, mais comme opérateurs de régulation — l’échange permanent de données entre banques, assurances, hôpitaux et polices, la gestion étatique des nuisances environnementales, la surveillance intégrale des corps et des comportements, et l’on mesure la mystification qu’il y a à parler du « déclin de l’État ».
L’État ne décline pas. Il se métamorphose. Il abandonne certaines formes visibles de souveraineté pour se reconfigurer comme plateforme logistique, opérateur de sécurité, garant systémique du chaos organisé.
Dès lors, il n’est plus possible de défendre l’État social national, cette constitution politique fordiste désormais obsolète, relique d’un compromis historique dissous. Une autre perspective s’ouvre cependant : celle de la démocratie européenne. Non pas comme idéal moral, mais comme problème technique et politique. D’un côté, le pouvoir cherche à pacifier des tensions sociales devenues chroniques, dans un contexte de crise irréversible de la représentation. De l’autre, les « désobéissants » tentent de rendre les institutions plus démocratiques en institutionnalisant les mouvements eux-mêmes.
C’est ici que se dessine un point de rencontre ambigu. Qui a réellement intérêt à une Europe politique unifiée ? Qui est le sujet européen ? Ce sont ces élites et ces strates sociales qui aspirent à une démocratie absolue à l’échelle de l’Empire, et qui se proposent, paradoxalement, comme contre-Empire. Le nouveau sujet européen ne rejette pas la globalisation : il s’y inscrit, mais pour y parler contre elle, depuis elle, en utilisant l’espace européen comme surface de contre-pouvoir face à l’hégémonie capitaliste.
Reste une question non résolue, et peut-être insoluble : comment imaginer que la transcendance des traditions, des rites millénaires, après avoir saturé tous les domaines de la vie sociale et donné sens à l’existence de millions d’êtres, puisse se dissoudre sans résistance dans l’immanence plate des marchandises ? Comment croire que le vie humaine puisse être remplacé par le prix sans produire de rébellions, de retours du refoulé, de violences symboliques ou réelles ?
C’est peut-être là que se niche le point de rupture : dans ce moment où l’Empire marchand croit avoir tout absorbé, alors même qu’il prépare, à son insu, les conditions de sa propre contestation.
Nécronomiste un jour...nécronomiste toujours...
Commentaires
La solution socialiste pour amener à l acceptation passe par le fabuleux revenu universel !
Une sorte de RSA pour tous.
Ça fait rêver.
Pour les sensibles qui ne comprennent rien à la géopolitique, juste faire passer le message suivant sera suffisant.
"L'Europe contre la barbarie, la brutalité, qui nous mène au fascisme "
Une sorte de touche pas à mon pote version 2.0 .
Ça sera suffisant pour beaucoup de citoyens et majoritairement dans notre beau pays qu'est la France.
Quelque part ce fameux travail, famille, "patrie" que veut vendre Trump est nauséabond...
Ça fouette.
Une vieille "solution "...
Mais l autre aussi pue le poisson pourri !
C'est comme choisir lepen/macron
A gerber
on a pu attaquer les religions en argumentant que Dieu n'existait pas, on ne pourra jamais critiquer le système si l'on admet l'existence de l'économie
Sous un épais rideau fumigène de slogans et de phrases à effet, sous un jargon qui
séduit et terrorise, voici maintenant défini un programme
simple pour le capital et grandiose pour la multitude.
Cherchons à le résumer. Grâce à un revenu garanti, les
pauvres peuvent être flexibles dans la production de ri
chesses et dans lamarche zapatiste de la force-travail intellectuelle » ; grâce
aux nouveaux droits universels de citoyenneté, la domina
tion peut traverser la crise de l’État-nation et inclure socia
lement les exploités. reproduction de la vie, et relancer ainsi
l’économie ; grâce à la propriété commune des nouveaux
moyens de production (les cerveaux), le « prolétariat im
matériel » peut « commencer à travers l’Europe une longue marche zapatiste de la force-travail intellectuelle; grâce aux nouveaux droits universels de citoyenneté, la domina
tion peut traverser la crise de l’État-nation et inclure socia
lement les exploités. c"est cela le revenu universel
Finalement la France a déjà mutée European socialiste.
Ça a commencé avec mitterand et le boulot a été fini par le keke rose.
Un beau travail , de la merde emballée dans du papier de soie.
Comme toute politique "souverainiste " est xénophobe et anti sémite, il n'y a pas d'autres options possibles que gauche droite, droite gauche, une deux, une, deux, une, deux.
Marchez au pas s'il vous plaît.
La politique sans politique.
Même si les bisounours se présentaient comme partie de l amour souverainiste, il serait centrifugé.
Donc il n'y aura AUCUN changement dans l urne.
Et surtout chez nous particulièrement.
L UE à de beau jours chez nous.