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fin du travail

  • Fin de la valeur travail

    1000039587 (1).jpgElon Musk, grand prêtre de l’ingénierie salvatrice, PDG-prophète de Tesla, annonce la bonne nouvelle : la technologie libérera l’homme du travail. D’ici dix à vingt ans, promet-il, l’activité productive deviendra facultative, un loisir horticole, une occupation bucolique. Le salariat remplacé par le potager, l’aliénation par la permaculture.

    Le capital algorithmique parle d’émancipation quand il prépare l’obsolescence massive de la force humaine. La promesse d’un monde sans travail n’est pas la fin de la contrainte, mais sa mutation : la mise au rebut du vivant excédentaire.

    Samuel Solomon, depuis l’Université Temple, rappelle qu’une telle utopie exige une architecture politique — un revenu universel, donc un État encore fonctionnel. Or l’État, dans la phase nécro-libérale, n’administre plus que les ruines qu’il contribue à produire.

    Torsten Slok, économiste chez Apollo, observe la mécanique réelle : la bulle AI ne distribue pas la prospérité, elle concentre la rente. La machine amplifie la fracture, transforme la productivité en extraction, le progrès en prédation.

    Anton Korinek souligne alors l’impensé : si le travail perd sa valeur économique, c’est le socle anthropologique lui-même qui se fissure. Le lien social, jadis structuré par la participation productive, doit être reconfiguré sous peine de dissolution.

    Reste la question centrale : que devient une société où l’humain n’est plus requis ?
    Dans l’économie zombie, le sujet est toléré tant qu’il consomme, puis neutralisé lorsqu’il devient inutile. Le potager de Musk n’est pas une Arcadie, mais une réserve : le jardin d’agrément des surnuméraires pendant que l’intelligence machinique accumule la souveraineté.

  • Write-off

     

    « Et si le suicide économique était l’unique voie vers l’immortalité dans un monde où la crainte des dieux a été remplacée par la crainte du Marché? »

    « Il n’y a pas pire destin que celui de l’homme condamné à s’appauvrir sur le lieu même de sa richesse. »

    Quelle était l'énigme ? La perversité forcenée de la Money Power pouvait elle menée à la lumière que rien n'éteint... la consommation durable...???

    JPC

     

     

    Ce à quoi nous assistons, jour après jour, et que nous tentons d'expliquer depuis maintenant 2007, n'est rien moins qu'une période qui restera dans les livres d'histoire sous le nom de Très Grande Dépression.

    Comme nous l'avions annoncé, le sauvetage de la Grèce avec une décote désormais de 70 % de sa dette en préfigure bien d'autres, car il ne s’agit plus désormais que d'éviter l’implosion d'un système où le défaut d'un pays créerait un précèdent, une brèche qui telle un éclair zébrerait le ciel et dans laquelle ne manqueraient pas de s'engouffrer d'autres pays qui doivent maintenant affronter la colère sociale de leurs peuples. C'est la raison pour laquelle, on continue d'opter pour la transfusion à celui qui souffre d’hémorragie interne et n'a aucune chance de trouver sa place dans la mondialisation. Ultime soubresaut, d'une économie globalisée sans l'accord des peuples et désormais confrontée au pire des scénarios à savoir l'effondrement généralisé de la valeur d'échange, autrement dit une dévaluation mondiale de l'argent, ce qui signifierait tout simplement la fin d'un système.

    Nous l'avons déjà écrit, il faudrait que les pays émergés gagnent au minimum 30 % de niveau de vie et que les pays déclinants acceptent de perdre en contre partie aussi 30 % pour que les choses puissent réellement s'équilibrer dans une harmonie sociale.

    La marché forcée vers un nouveau modèle de production n'est donc rien d'autre que la marche forcée vers une inflation souhaitée, seule garantie pour les États de pouvoir un jour rembourser leurs dettes et pour les classes moyennes de continuer à exister àprès s'être endettées au delà de toute raison portées par l'idée d'une croissance sans fin.

    Nous en sommes très loin et d'ici quelques mois, l'inéluctable constat apparaîtra à tous et sans autre reprise que celles des chaussettes, la baisse des charges patronales ne fait qu'annoncer une autre baisse : celles des salaires, unique variable d'ajustement de la compétitivité. On parle alors de flexibilité ou de libéralisation du marché du travail ( fluidité, flexibilité).

    Le crédit facile, l’accès à la propriété ont fait du travail une drogue dure dont le manque et les angoisses que vont provoquer sa raréfaction, ne bénéficieront cette année qu'aux labos pharmaceutiques, ce que vient de confirmer d'ailleurs le laboratoire pharmaceutique suisse Roche qui a fait état mercredi dernier de sa confiance pour l'exercice fiscal en cours.

    Logique, puisque le travail en tant que valeur est sanctifié comme le chemin unique vers le bonheur et l'épanouissement de l'individu. A l'inverse, dans ce contexte, le chômage est la voie la plus sûre vers la dépression.

    D'où l'expression nécronomique : «j'ai croisé le bonheur».

     

    Seuls les nécronomistes survivront car ils ne tomberont pas de haut et sont déjà sortis du bilan (individual write-off).

    En route vers la stagdéflation...