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pour la souverainete du peuple

  • LES CLEFS DU NOUVEAU MONDE

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    Dans l’épaisseur du vieux monde, subsiste une croyance presque liturgique : celle selon laquelle l’ordre pourrait être engendré par l’écriture elle-même.
    Par des règles.
    Par des garde-fous.
    Par des coordinations patientes.
    Par des textes, surtout — comme si le verbe suffisait à contraindre le réel.
    Par des normes dites universelles, c’est-à-dire supposées valoir même là où rien ne les impose.

    Mais cette architecture repose sur une illusion fondamentale : elle confond la formulation de l’ordre avec sa production.

    Ce que révèle brutalement la séquence récente, notamment sous l’impulsion de Donald Trump, c’est la fragilité constitutive de cet édifice. Il ne l’a pas tant détruit qu’il en a retiré le voile.

    Car l’ordre n’existe jamais en soi.
    Il n’est pas une propriété du monde.
    Il est un effet.

    Un effet de puissance.

    Sans puissance pour la soutenir, la règle se dissout dans le registre du souhaitable.
    Sans instruments pour l’incarner, le droit se réduit à un commentaire du réel — parfois brillant, souvent impuissant.

    Nous entrons ainsi dans une phase où les systèmes de puissance ne se contentent plus de sous-tendre les institutions : ils les supplantent. Là où les institutions parlaient, les puissances agissent. Et ce déplacement n’est pas conjoncturel ; il est structurel.

    Dès lors, les catégories se retournent.

    La retenue, jadis vertu stratégique, peut être requalifiée en faiblesse ontologique.

    Mais c’est précisément ici que la pensée bascule.

    Il existe un point critique — rarement nommé — où la lucidité cesse d’être une capacité de discernement pour devenir un générateur de tension.
    Un point où la critique des équilibres illusoires glisse insensiblement vers une sacralisation du conflit.
    Un point où le réalisme, en se radicalisant, se transforme en culte de l’urgence.

    À ce stade, une inversion se produit :
    celui qui prétendait contenir la catastrophe commence à en reproduire les conditions.

    Le risque, en réalité, est d’une simplicité presque brutale.

    Transformer la survie en principe absolu.
    Installer la tension comme état normal du monde.
    Faire du tragique non plus une donnée à gérer, mais un moteur à entretenir.

    Et produire, en conséquence, une vision du monde où :
    — le conflit devient la norme,
    — la tension s’impose comme condition permanente de l’existence collective.

    Ce n’est plus seulement une lecture du réel.
    C’est une manière de le configurer.

    • les institutions ne savent plus nommer le conflit,
    • les moralistes ne savent plus parler aux systèmes,
    • les vieilles autorités ne savent plus retenir le monde réel et l’empêcher de s’effondrer

     

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  • Mort de l'universalisme (suite)

    Couverture Livre 3-1.jpg

    Je revois encore ce jour où mon ami Mehdi Belhaj Kacem, fidèle compagnon de route et de lutte, franchit la porte du squat en nous annonçant la mort de l'universalisme. Quand les pauvres,victimes du libéralisme, planche de salut du capitalisme n'ont plus conscience de leurs intérêts communs. Ils s'unissent pour des intérêts nationaux.

    Comme ils ont perdu la guerre sociale, ils se préparent pour d'autres guerres dépourvues de sens universel.

    Étant donné que, dans la précarité généralisée, la compétition marchande est devenue la seule forme de relation possible, on s'accroche à l'appartenance à la nation, pour résister à la déterritorialisation.

    Un modèle que le libéralisme a bazardé depuis longtemps. Sortir de l'Europe,cela veut dire vingt ans, une génération, pour sortir de ces traités avec la réintroduction d'une monnaie complémentaire le Franc.

    Impossible...Le réveil est brutal. L’atterrissage en douleur....le corporatisme est l"autre nom du fascisme

    Mercosur : le patron du Medef favorable à un accord « en se laissant du temps » (sudouest.fr)

     

    . "Tu casses, tu répares. Tu salis, tu nettoies. Tu défies l'autorité, on t'apprend à la respecter",  Gaby la branlette

     

    Fabulous Trobadors - Pas de ci (youtube.com)

     

     

    Pour le reste, la révolte des agriculteurs va se dégonfler comme une baudruche à coups de millions....comme dab...D'un pays à un autre, les agriculteurs sont concurrents...

  • THE END

    Un bel article, j'étais passé à côté

    Par Philippe Foussier, le 7 août 2021

    Dialogue autour de la souveraineté populaire et de la citoyenneté, le livre d’André Bellon et Jean-Pierre Crépin Pour la souveraineté du peuple (Paris : L’Harmattan, 2021) a parmi ses mérites de s’inscrire dans l’actualité brûlante. Ses auteurs se placent résolument en opposition au néolibéralisme qui dépossède le peuple de sa souveraineté et qui vide la citoyenneté de son contenu. André Bellon et Jean-Pierre Crépin sont loin d’être d’accord sur tout mais de leur échange fécond naissent quelques pistes de réflexion utiles. Le premier est polytechnicien et ancien député, désormais président de l’Association pour une Constituante, le second est un économiste qui s’autodéfinit comme « très indépendant ».

     

    « Le néolibéralisme économique nie la vie ou du moins ne la considère qu’en tant que marchandise. Mais il tente de faire ignorer sa sauvagerie en mettant en avant les actions caritatives, les interventions pour quelques-uns en danger de mort, oubliant ceux dont la vie est une mort lente », lance Bellon. Dit par Crépin, « il s’agit de rationaliser une servitude libérale et une totale soumission librement consentie à participer à une logique consumériste individuellement assumée par l’intériorisation dans le corps des normes capitalistes ». Il ajoute : « Dans les société modernes, le citoyen ne dispose de choix que parce que ceux-ci sont déjà faits. Et lorsqu’il vote mal, on le fait revoter et l’on passe au-delà ». Bellon l’assure : « Les crises économiques, écologiques, sanitaires, sont utilisées par toute une école de pensée et par les dirigeants qu’elle crée pour remettre en cause les fondements de la philosophie des Lumières ou, pour le dire autrement, de l’humanisme ». Et il complète : « La dilution du lien social est nécessaire à la domination de la mondialisation libérale ».

    Le sociétal substitué au social

    Ni l’un ni l’autre ne croient aux nouveaux remèdes inventés pour pallier le déficit démocratique ainsi créé. Crépin dénonce « vigoureusement comme supercherie ce que l’on appelle la démocratie participative […], caution participative au processus aliénant de telle ou telle gouvernance ». Bellon vise pour sa part le tirage au sort, « négation même de la citoyenneté » et « délégitimation du suffrage universel comme outil d’expression de la volonté du citoyen ». D’ailleurs, pour lui, ce même citoyen est « l’arlésienne de la vie publique. On ne compte plus les rencontres citoyennes, les conventions citoyennes, les débats citoyens, mais l’utilisation prolifique du mot en tant qu’adjectif efface le citoyen acteur politique, membre du peuple souverain ». L’ancien parlementaire poursuit en ciblant le discours qui s’est imposé depuis les années 1980, qui « a fait du social un adversaire, un ennemi. Et c’est d’ailleurs pourquoi on l’a remplacé par le sociétal, c’est-à-dire des questions qui, jusque-là, étaient considérées comme des affaires privées ».

    Engagé dans le mouvement des Gilets jaunes, Crépin dessine quelques perspectives pour redonner corps à la citoyenneté : « La démocratie a été réinventée dans la rue et c’est un formidable message d’espoir et la preuve que l’on peut développer une politique de construction de la citoyenneté, berceau de la vraie démocratie ». Bellon prévient : « La rupture avec l’ordre dominant ne peut se faire qu’au nom de la citoyenneté et de la souveraineté populaire ». C’est la raison pour laquelle il plaide en faveur d’une Constituante, seule à même de réorganiser en profondeur les termes du débat démocratique. Que l’on partage ou pas le diagnostic et les préconisations des auteurs, nul doute néanmoins qu’ils constituent de stimulantes contributions au débat sur la souveraineté populaire.

    André Bellon et Jean-Pierre Crépin, Pour la souveraineté du peuple, Paris : L’Harmattan, 2021, 126 p.