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fin democratie

  • La fin d'une idée zombie

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    LORSQUE L ON VEUT TUER UN ZOMBIE, IL FAUT TUER LA TËTE (DETTE)

    The dead don’t die….

     

    La crise de la démocratie libérale n’est pas née d’un seul événement, ni même d’une rupture clairement identifiable. Elle s’est formée lentement, par sédimentation, au fil de plusieurs décennies, jusqu’à devenir presque imperceptible à ceux-là mêmes qui en étaient les contemporains.

    Tout avait commencé, en apparence, par une promesse. À la fin du dernier millénaire, la pensée néolibérale avait installé au cœur du discours économique une idée aussi simple que commode : celle du « ruissellement ». Il suffisait, disait-on, de laisser prospérer l’économie et d’enrichir ceux qui se trouvaient au sommet pour que, tôt ou tard, les bénéfices de cette prospérité descendent vers les couches inférieures de la société.

    La richesse devait couler vers le bas comme une eau généreuse, franchissant les étages de la société jusqu’à atteindre ceux qui en avaient le moins.

    Pour les classes populaires, cette promesse ressemblait pourtant, dès l’origine, à une mauvaise plaisanterie. Car elles savaient déjà que la richesse ne ruisselle pas spontanément : elle se concentre, elle s’accumule, elle se protège. Et tandis qu’on leur demandait d’attendre les bienfaits d’une prospérité dont elles ne percevaient guère que les contraintes, l’écart entre les sommets et les profondeurs continuait de se creuser.

    Longtemps, les classes moyennes purent encore croire que cette mécanique finirait par fonctionner. Elles en furent progressivement détrompées. Le krach des valeurs technologiques, en 2000, puis surtout la grande crise financière de 2008, vinrent fissurer ce qui restait de crédibilité à la promesse.

    À partir de là, le doute ne fut plus seulement celui des plus modestes. Il gagna le centre même de la société.

    La promesse du ruissellement avait cessé d’être une espérance. Elle apparaissait désormais pour ce qu’elle était devenue : le récit d’un système qui demandait à ceux d’en bas de patienter, tandis que ceux d’en haut continuaient d’accumuler.

    Et c’est peut-être là que commence véritablement la crise démocratique : au moment où une société cesse de croire que les règles communes sont faites pour tous, et que l’avenir auquel on lui demande de consentir sera aussi le sien.

  • Conseil lecture

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    Si la confusion règne ainsi, c'est parce que notre grille de lecture est tout simplement fausse. Nous croyons que le monde est pris dans deux processus contradictoires : la mondialisation, d'un côté, et le repli national-identitaire, de l'autre. Or, affirme Jean-François Bayart dans ce livre vif et tranchant, ces deux processus participent d'une même dynamique " national-libérale ", qui a conduit les politiques étrangères des pays occidentaux dans une impasse tragique. Ce n'est donc pas un hasard si certains hommes politiques se réclament haut et fort tout à la fois de l'économie globale et de la souveraineté nationale.
    Né du passage d'un monde d'empires à un système international d'États-nations, le national-libéralisme – libéral pour les riches, national pour les pauvres – a conduit le monde au bord du gouffre. Il est grand temps de ne plus laisser le monopole du politique aux marchands d'illusions identitaires, ces faiseurs de malheurs.

    Le national-libéralisme est au libéralisme ce que le national-socialisme avait été au socialisme.

    Il est toujours un moment où l’illusionniste, à force de jongler avec le lapin national et le renard capitaliste, dévoile ses ficelles et déçoit son public.

    Le national-libéralisme condamne au mensonge d’État, à la prestidigitation politique, à l’équilibrisme gouvernemental, à l’illusion identitaire. Il repose sur le brouillage systématique de la frontière entre le global, le national et le local, ou encore de la délimitation entre la sphère publique et la sphère privée dans le domaine économique. Son emblème est la chauve-souris : « Voyez mes ailes, je suis oiseau ; voyez mon corps, je suis mammifère ! »