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effondrement

  • CANCER ET DROGUE...Dictez vos ordres

    new.jpgVous le savez tous, les Nécros.

    La vraie crise, ce n’est pas celle qu’on vous vend chaque matin dans les bandeaux rouges des chaînes d’information continue. La vraie crise, c’est 2008. Le Grand Basculement. Le moment obscène où les démocraties de marché de la planète entière ont regardé le gouffre, puis ont choisi de sauver les banques plutôt que les peuples.

    L’Exterminateur en chef, chirurgien de catastrophe et gardien du mausolée financier, avait alors lâché la formule magique. Une théorie zombie. Une phrase contaminée qui allait coloniser tous les cerveaux disponibles :

    « Ceux qui ont cassé le tuyau seront les meilleurs pour le réparer. »

    Et le monde applaudit.

    Alors la machine redémarra. Comme avant. En pire. À coups de planches à billets. Car vous le savez, en période de crise, même les billets font la planche pour ne pas couler avec le reste du navire.

    On inventa même un nom scientifique pour maquiller l’opération : le Quantitative Easing. QE. Deux lettres propres et rassurantes pour désigner une inondation monétaire sans précédent. On imprima de l’argent comme on injecte un produit expérimental à un patient déjà déclaré cliniquement mort, avec l’espoir que cette fois la perfusion dépasserait les coffres-forts des banques.

    Une partie seulement y parvint.

    Un tiers, peut-être.

    Le reste suivit son trajet naturel, celui des fluides financiers : retour à la Money Power, retour aux chambres fortes, retour aux algorithmes prédateurs.

    Le capitalisme avait muté.

    Non plus un système exploitant les hommes, mais un organisme cherchant à s’immuniser contre eux.

    Les travailleurs devenaient un coût. Les citoyens, une variable résiduelle. Les consommateurs eux-mêmes commençaient à gêner le fonctionnement optimal de la machine.

    Puis vint la nouvelle drogue.

    L’IA.

    La méga-bulle.

    L’hallucination collective.

    Des valorisations jamais observées dans l’histoire humaine. Des chiffres si grands qu’ils cessent d’être des chiffres pour devenir des phénomènes météorologiques.

    NVIDIA Corporation vaut désormais davantage que le PIB de la France.

    Une entreprise dépasse un pays.

    Le symbole est parfait.

    Et tandis que les traders célèbrent l’ascension de cette nouvelle divinité électronique, certains à Wall Street commencent déjà à regarder le ciel avec inquiétude, comme les prêtres aztèques observant une éclipse.

    Pendant toutes ces années, nous avons vécu sous assistance artificielle.

    Dette.

    Liquidité.

    Monnaie créée ex nihilo.

    Anesthésie générale.

    Aujourd’hui, chaque journée ressemble davantage à un rapport d’autopsie.

    Hôpitaux saturés.

    Écoles épuisées.

    Services publics en état de décomposition avancée.

    Scandales permanents.

    Défaillances systémiques.

    Tout démontre l’insuffisance chronique des moyens consacrés à ce qui constitue pourtant la vraie vie des gens.

    Les décombres sont partout.

    Et chacun peut désormais les voir.

    Nous entrons dans l’âge où il faudra apprendre à habiter les ruines.

    Comme je l’écrivais déjà à l’époque : une mutation n’est jamais un choix. Une mutation est toujours une contrainte. Une transformation imposée par le réel lorsqu’il devient impossible de continuer comme avant.

    Le plus difficile reste devant nous.

    Faire comme Lawrence d'Arabie

    Traverser le désert.

    Sans  boire

    Sans illusion.

    Sans promesse de secours.

    Mais ne vous inquiétez pas trop.

    Il est probable que Big Pharma travaille déjà sur la solution.

    Une pilule nouvelle génération.

    Un psychotrope quantique.

    Un antidépresseur augmenté.

    Quelque chose de suffisamment puissant pour permettre aux survivants de contempler l’effondrement avec le sourire réglementaire exigé par les marchés.

    Après tout, dans ce monde-là, même le désespoir finit toujours par devenir un produit.

     


  • Escalade ou Grand Toboggan

    file_00000000f2dc7246bc162cd09faa770c-_1_.jpgJ’ai vu assez de secousses pour reconnaître celles qui ne relèvent pas du simple tremblement de surface. Il y a des moments où le sol ne vibre pas : il cède. Et ce que nous traversons n’a plus rien à voir avec ces turbulences familières que l’on finit par intégrer, digérer, presque anticiper — ces cycles rassurants où la crise annonce déjà sa propre résolution. Non. Cette fois, quelque chose a rompu plus bas, plus profondément, dans l’ossature même.

    On le sent, confusément. Une intuition sourde, partagée, que quelque chose ne tient plus — même si les mots manquent, même si les routines persistent. Nous continuons à parler, à décider, à simuler la continuité, tandis que l’édifice se fissure sans bruit. Je ne pensais pas, moi non plus, devoir écrire depuis cet endroit-là. Pourtant, nous y sommes : face à des dirigeants qui ont ouvert une brèche que rien, dans le récit officiel, ne prévoyait.

    Alors épargnons-nous les sarcasmes faciles et les certitudes de façade. Il ne s’agit plus d’imaginer un basculement possible. Le basculement a eu lieu. L’étrangeté n’est plus une hypothèse — c’est le milieu dans lequel nous évoluons désormais. Reste à comprendre ce qui, précisément, a lâché. Et ce que cela implique d’être là, collectivement, à observer — presque médusés — une forme de pilotage erratique s’exercer sur une réalité qui, elle, ne pardonne rien.

    Tout se déroule à ciel ouvert. Personne ne peut détourner le regard. Personne ne peut prétendre ne pas voir.

    L’OTAN accélère son réarmement comme si la vitesse pouvait compenser la perte de sens, pendant que, en parallèle, la cohésion politique se délite fil après fil. L’Europe, elle, donne l’impression d’approcher un point de rupture interne — une tension qui ne cherche même plus à se dissimuler. Et si, dans ce tableau déjà instable, le détroit d’Ormuz venait à se fermer durablement, alors ce ne serait plus une crise parmi d’autres : ce serait un mécanisme d’implosion, lent peut-être, mais inexorable, alimenté par une pression énergétique que le continent n’est plus certain de pouvoir absorber.

  • Séquence philo-nécro

     

    PHILO.jpgA Nelly

    La technologie, moteur central de la croissance du capitalisme fictif, ne produit jamais autre chose qu’une morale binaire : machines « bonnes » contre machines « mauvaises ». Une métaphysique de supermarché. On l’observe aujourd’hui dans l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans — non pas tant une régulation que la tentative désespérée de distinguer de « bons » et de « mauvais » régimes de relations socio-technologiques.

    Cette vision manichéenne du monde ne résout rien. Elle ne fait qu’exposer, à nu, les contradictions qu’elle prétend conjurer. Car le cœur du problème n’est pas moral, il est structurel : la mauvaise adéquation entre des valeurs humaines résiduelles et la logique propre des machines ; entre une autonomie humaine déjà amputée et une autonomie machinique en pleine expansion.

    La machine autonome n’est pas un accident : elle engendre mécaniquement la machine de guerre. Taylor n’a pas inventé le taylorisme dans un laboratoire abstrait mais dans un arsenal. L’optimisation, dès l’origine, est une doctrine militaire. Toute rationalité technique est d’abord une rationalité de combat.

    L’extra-espace-isme a voulu croire que le « cyberespace » pouvait constituer un nouveau théâtre d’émancipation, un champ de bataille pour de « bonnes » relations homme-machine. Internet fut ainsi mythifié comme un espace de résistance face à sa militarisation, à sa transformation en « autoroute de l’information » sous contrôle centralisé, hiérarchisé, administré.

    Mais la question décisive reste évitée : et si le cyberespace, par nature, n’était rien d’autre qu’un dispositif de séparation ? Et si cette sphère prétendument immatérielle n’était que l’expression pure de la logique machine — abstraction, désincarnation, découplage du corps et de la vie quotidienne ?

    Depuis, l’origine du blog et du livre Crise et Mutation nous n’avons cessé de soulever cette question constatant qu’à l’heure du capital fictif, la vie virtuelle était supérieure à la vie réelle. L’ami Vincent  avait vu cela très tôt.

    Un quotidien sombre et difficile est le lot des beaucoup de gens et concerne toutes les tranches d’ âge. On va interdire les réseaux sociaux au plus de 80 ans,aux femmes âgées pour qu’elles ne soient plus victimes des brouteurs ???

    Moi je les comprend, ça doit être valorisant d’être dans un plan love avec Brad pitt ou Clooney…Les projets même virtuels, ça maintient en vie dans la réalité.….Le capital fictif ne veut pas réobjectiver la vie...mais vendre les données récupérées comme le fait Palantir désormais meilleur ami de la DGSI.

    Avec Palantir, le plan «ontologique» d'Alex Karp et Peter Thiel pour créer un État digital | Le Grand Continent