Un inedit qui fait la UNE
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Un inedit qui fait la UNE
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A Reprise des chaussettes ardent contributeur
Dans le théâtre obscur des flux et des chiffres, là où la finance se rêve alchimie moderne, JPMorgan Chase célèbre une apothéose presque indécente : 11,6 milliards de dollars arrachés au tumulte du trading, sommet vertigineux d’une histoire pourtant déjà saturée d’excès. Et dans l’ombre de ce triomphe, un résultat net de 16,5 milliards, seconde stèle d’or dressée derrière le souvenir encore brûlant d’un trimestre de 2024 où la cession de Visa avait déjà frôlé l’irréel.
Jeremy Barnum, oracle au langage policé, tente d’en conjurer la portée : point de “mauvaise” volatilité, dit-il — comme si le chaos pouvait être trié, domestiqué, réduit à une simple variable docile. Pourtant, chacun sait que lorsque les marchés tremblent sans prévenir, lorsque la liquidité se retire comme une marée traîtresse, c’est un autre monde qui affleure, plus brut, plus dangereux.
Chez Citi, la même fièvre s’empare des bilans : +42% en trois mois, des sommets historiques atteints dans une indifférence presque clinique. Et tandis que les chiffres s’envolent, des dizaines de milliers de postes s’effacent, dissous dans la froide logique des restructurations. La prospérité ici n’est pas partage, mais extraction.
Wells Fargo, elle, semble presque appartenir à une autre réalité — une économie plus tangible, plus ancrée, et donc paradoxalement plus fragile dans cet âge de spéculation triomphante. Ses profits ne croissent “que” de 7%, comme un rappel discret que le réel, lui, résiste encore, mais à quel prix.
Ainsi se dessine la fracture : des marchés qui prospèrent dans leur propre abstraction, déliés du monde qu’ils prétendent servir — et, en dessous, une économie qui regarde cette ascension avec une distance mêlée d’inquiétude, comme si elle n’en était déjà plus tout à fait la raison d’être.

Le second mandat de Trump a levé le voile.
Non pas sur l’Amérique — mais sur la nature réelle des accords.
Avec les États-Unis, tout contrat est provisoire,
comme un cessez-le-feu signé avec une machine affamée.
Trump is God.
Comme Clapton fut Dieu à la guitare —
slogan, idole, hallucination collective.
La différence : ici, la distorsion est tarifaire.
Depuis le milieu de l’année 2025,
l’administration américaine n’augmente plus seulement les droits de douane.
Elle étend la taxe au réel lui-même.
Subventions, déficits, sécurité, énergie, territoires :
tout devient ligne de facturation.
La coopération militaire ? Option payante.
L’énergie ? Licence révocable.
La géographie ? Variable d’ajustement.
L’accord commercial UE–États-Unis de juillet 2025
n’était pas un traité.
C’était un sursis.
L’Europe a accepté le chiffre magique : 15 %.
Un pourcentage comme un stigmate.
En échange, l’illusion :
suppression des droits sur les produits industriels américains,
comme si la symétrie existait encore.
Six mois.
Pas même une saison complète du capitalisme tardif.
L’acier et l’aluminium repassent à la caisse.
Et déjà la menace suivante :
le Groenland.
Nous entrons dans une nouvelle phase.
Les tarifs ne servent plus à réguler le commerce.
Ils servent à forcer l’allégeance.
Ce n’est plus l’accès au marché qui est négocié,
mais la reconnaissance d’une souveraineté étrangère
sur un territoire gelé,
stratégique,
minéral,
post-humain.
Le tarif devient une arme diplomatique totale.
Un impôt sur la désobéissance.
Un péage sur la géopolitique.
La Nécronomie l’avait annoncé :
quand l’économie ne produit plus de valeur,
elle produit de la contrainte.
Et l’Europe, encore une fois,
paie pour continuer à croire
que le contrat existe.