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avenir

  • Nécronomie accélérationniste

     IA.jpgl’équipe économique d’Anthropic publie un rapport intitulé Scénarios pour notre avenir économiqueTrois chemins vers 2030. Voici le résumé : dans le cas extrême, le PIB croît de 15 % par an, le chômage atteint 11,9 %, les salaires des travailleurs du savoir chutent de plus de 10 %, et la part du travail dans le PIB passe d’environ 60 % à 45 %.

    Cette version la plus catastrophique est en fait, vous le savez la moins catastrophique

    Quelque chose est en train de disparaître sous nos yeux, sans que nul ne sache exactement à quel moment la disparition a commencé.

    Les anciens cadres du conflit entre le capital et le travail se désagrègent. L’État-nation, qui fut longtemps le théâtre et l’arbitre de leur affrontement, conserve encore ses institutions, ses frontières et ses représentations, mais il ne contient plus réellement les forces qu’il prétend gouverner. Le travailleur demeure enfermé dans cet espace politique devenu trop étroit pour lui. Il y vend sa force, réclame des droits, attend une protection. Il appartient encore à un territoire.

    Le capital, lui, n’appartient plus à personne.

    Il s’est débarrassé de cette vieille contrainte avec la froideur d'une chose qui change simplement de forme. Il traverse les frontières sans les voir. Il déplace les usines, les bureaux, les capitaux, les chaînes de production. Il ne menace même plus véritablement de partir : sa possibilité de partir est devenue une présence permanente, une ombre suspendue au-dessus de chaque négociation.

    D’un côté, l’homme qui doit travailler pour vivre.

    De l’autre, une puissance qui peut se déplacer pour continuer à croître.

    Le déséquilibre n’est donc plus seulement économique. Il devient ontologique. L’un est assigné à la nécessité ; l’autre s’en est progressivement affranchi.

    Puis le capital a découvert qu’il pouvait pousser plus loin encore cette émancipation. L’accumulation s’est déplacée vers les marchés financiers, vers cet univers abstrait où la richesse semble pouvoir engendrer de la richesse sans passer par la matière, sans usine, sans atelier, presque sans hommes. Le capital se contemple désormais dans ses propres reflets : dettes, titres, promesses, anticipations, spéculations. Une économie de fantômes s'est superposée à l'ancienne économie du travail.

    Mais le salarié, lui, n’a pas quitté le monde réel.

    Il lui faut toujours un emploi. Il lui faut toujours un salaire. Il lui faut toujours transformer une portion de sa vie en marchandise pour obtenir de quoi poursuivre son existence.

    C’est peut-être là que réside le caractère le plus étrange de la situation présente.

    L’homme dépend encore du travail au moment même où le capital commence à pouvoir se passer de lui.

    Et cette contradiction ne produit pas nécessairement une rupture. Elle peut produire quelque chose de plus lent et de plus terrible : une adaptation progressive à l’inutile. Une population toujours plus nombreuse, au chômage, toujours plus disponible, toujours plus interchangeable, tandis que la puissance qui l’employait autrefois apprend à fonctionner avec une quantité décroissante de travail humain.

    Le vieux pacte social ne s’effondre donc pas dans le fracas.

    Il se vide.

    Les institutions demeurent. Les discours demeurent. Les entreprises demeurent. Les emplois eux-mêmes demeurent, mais sous une forme de plus en plus précaire, provisoire, révocable.

    Ce qui disparaît, c’est la nécessité réciproque.

    Le travail a encore besoin du capital.

    Le capital, lui, apprend au file des crises à ne plus avoir besoin du travail.

    Et peut-être est-ce ainsi que commencent les véritables fins : non par la destruction de l’ancien monde, mais par le moment où les structures qui le soutenaient continuent de fonctionner alors que la nécessité qui leur donnait un sens a déjà disparu.

  • L'Europe décapitée des capitaux

    1701_Lagarde.pngLe nombre de faillites d’entreprises en Allemagne est sans précédent. En mars, l’augmentation mensuelle a été de 9 % pour un total de 1 297, alors que sur une base annuelle nous sommes même à +35 % et +30 % par rapport à la moyenne du troisième mois de l’année sur la période pré-Covid de trois ans 2016-2019. Je le répète , aMis nécros, nous parlons de l’Allemagne, l’ancienne locomotive de l’Europe

    En d’autres termes, l’Allemagne est devenue une économie totalement dépendante des subventions et des aides d’État. Le chef-d’œuvre de la Commission européenne et de la BCE est terminé. Les États-Unis leur en sont sincèrement reconnaissants.

    Prenez note de cette phrase du chef des industriels allemands : Les importations de gaz naturel liquéfié (en provenance des États-Unis) placent toujours nos entreprises dans une situation économique nettement désavantageuse par rapport à l’époque où elles pouvaient compter sur un flux garanti de gaz russe par voie terrestre et à des prix abordables. Aussitôt dit, aussitôt fait, ThyssenKrupp vient d’annoncer des réductions de production (et donc d’emplois) dans ses usines allemandes, précisément à cause des coûts de l’énergie qui ont fortement réduit les marges.

    Par coïncidence ??? Macron qui a ouvert la porte à Total Energies et en bon vassal n’avait qu’une seule priorité à répondre ces derniers mois d’atlantisme pro-ukrainien paroxystique : se voir garantir par les États-Unis une part du nouveau business énergétique rendu possible par le régime de sanctions imposé par l’UE. C’est-à-dire du gaz liquéfié. l' énergie dont le coût, selon Markus Krebber, fait que les entreprises teutoniques commencent à être handicapées. Comme les golfeurs. Ou un coureur d’un cent mètres forcé de courir avec des poids sur les chevilles.

    L'Europe des nations chère aux souverainistes est une utopie. Nous sommes tous des concurrents.

    Selon Christine Hagarde, « il est impératif d’agir rapidement et de faire avancer l’Union des marchés de capitaux », car la productivité décevante actuelle et la croissance plutôt faible sont également dues à son absence, entre autres. L’objectif est de fusionner toutes les bourses européennes en une seule, réduisant ainsi la fragmentation qui compte actuellement 22 groupes gérant 35 cotations et 41 marchés boursiers. 

    Elle reprend ansi l'idée de Napo Macro