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  • Les pétroleuses et les électriques

    petrole,electrique,crise,mutation,guerre ,iran arabie,france, occidentCes épisodes nous rappellent une vieille vérité que les marchés préfèrent oublier entre deux cocktails à Manhattan : le pétrole n’est pas seulement une matière première. C’est un accélérateur d’inflation, un catalyseur brutal lorsque le système monétaire est déjà fragilisé, saturé de dettes et d’illusions comptables.

    L’histoire, parfois, bégaie avec un humour noir remarquable. Certains investisseurs commencent à reconnaître la musique : la partition ressemble furieusement à celle de la fin des années 1970, au moment du second choc pétrolier. Cette fois encore, la déflagration part du Moyen-Orient — et, comme souvent, c’est l’Iran qui apparaît au cœur de la mécanique.

    Les pessimistes, eux, regardent la scène avec un fatalisme presque clinique. Leur diagnostic est simple : une fois la guerre terminée, disent-ils, les prix du pétrole redescendront. Non pas parce que l’offre sera miraculeusement abondante, mais parce que la récession mondiale aura déjà fait le travail. L’économie refroidira les prix comme un seau d’eau glacée sur un moteur en surchauffe.

    Voilà pour les sombres prophètes.

    Les optimistes, eux, préfèrent se raconter une autre histoire — plus technologique, plus moderne, presque futuriste. Selon eux, les gains de productivité et la robotisation absorberont une partie du choc. Les machines travailleront plus vite, plus longtemps, et peut-être même moins chers que les humains que l’on remplace.

    Certes, la flambée du pétrole a dépassé les 50 % depuis le début du conflit. Mais les marchés, ces créatures à mémoire courte et à optimisme structurel, ne croient pas à une hausse durable. Les contrats à terme continuent d’anticiper un reflux des prix dans les mois à venir, comme si la réalité géopolitique devait finir par se plier aux modèles mathématiques.

    En clair, la Money Power ne s’inquiète pas vraiment.

    Et certains entrepreneurs visionnaires flairent même une opportunité. Ainsi, pour les prophètes de la transition énergétique — à commencer par Elon Musk et ses voitures électriques — la crise pétrolière pourrait bien servir de bouée de sauvetage. Une manière élégante pour la bulle verte, qui commençait à manquer d’oxygène, de venir se greffer sur une nouvelle excitation spéculative : la prometteuse bulle kaki.

    Car dans la grande foire du capitalisme tardif, même les guerres finissent par devenir… des opportunités d’investissement.

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  • Trump is god

     

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    Le second mandat de Trump a levé le voile.
    Non pas sur l’Amérique — mais sur la nature réelle des accords.
    Avec les États-Unis, tout contrat est provisoire,
    comme un cessez-le-feu signé avec une machine affamée.

    Trump is God.
    Comme Clapton fut Dieu à la guitare —
    slogan, idole, hallucination collective.
    La différence : ici, la distorsion est tarifaire.

    Depuis le milieu de l’année 2025,
    l’administration américaine n’augmente plus seulement les droits de douane.
    Elle étend la taxe au réel lui-même.
    Subventions, déficits, sécurité, énergie, territoires :
    tout devient ligne de facturation.

    La coopération militaire ? Option payante.
    L’énergie ? Licence révocable.
    La géographie ? Variable d’ajustement.

    L’accord commercial UE–États-Unis de juillet 2025
    n’était pas un traité.
    C’était un sursis.

    L’Europe a accepté le chiffre magique : 15 %.
    Un pourcentage comme un stigmate.
    En échange, l’illusion :
    suppression des droits sur les produits industriels américains,
    comme si la symétrie existait encore.

    Six mois.
    Pas même une saison complète du capitalisme tardif.
    L’acier et l’aluminium repassent à la caisse.
    Et déjà la menace suivante :
    le Groenland.

    Nous entrons dans une nouvelle phase.
    Les tarifs ne servent plus à réguler le commerce.
    Ils servent à forcer l’allégeance.

    Ce n’est plus l’accès au marché qui est négocié,
    mais la reconnaissance d’une souveraineté étrangère
    sur un territoire gelé,
    stratégique,
    minéral,
    post-humain.

    Le tarif devient une arme diplomatique totale.
    Un impôt sur la désobéissance.
    Un péage sur la géopolitique.

    La Nécronomie l’avait annoncé :
    quand l’économie ne produit plus de valeur,
    elle produit de la contrainte.

    Et l’Europe, encore une fois,
    paie pour continuer à croire
    que le contrat existe.