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  • Saigneur météo- l''hiver de force

    ggaz.jpgSelon les caprices du ciel, Morgan Stanley entrevoit déjà la possibilité d’un prix qui pourrait s’élever jusqu’à 100 euros le mégawattheure.

    Cent euros.

    Un chiffre qui, dans les salles où l’on scrute les courbes et les marchés, n’est encore qu’une projection. Mais dans le monde réel, il pourrait devenir le prix d’un hiver où chaque degré perdu ferait remonter à la surface les vieux fantômes de la pénurie.

    Car compter sur la clémence du ciel pour garantir la sécurité énergétique n’est rien d’autre qu’un pari jeté aux puissances invisibles de l’hiver.

    Les analystes ont prévenu : le véritable danger pourrait naître de l’épuisement des réserves, tandis que les prix demeureraient suspendus à des hauteurs auxquelles l’économie européenne ne peut s’habituer sans en payer le tribut.

    Jack Sharples, de l’Oxford Institute of Energy Studies, imagine déjà le scénario.

    Même un hiver froid mais ordinaire — un hiver sans tempête exceptionnelle, sans déchaînement du climat — pourrait suffire à vider profondément les entrailles des stocks.

    Et lorsque les cavernes du gaz auront livré leur dernière réserve, il faudra les remplir de nouveau.

    Alors commencera une autre quête.

    En 2027, l’Europe pourrait devoir se tourner vers les importations pour reconstituer ses réserves. Mais cette reconstruction ne serait pas sans conséquence : elle pourrait resserrer pendant plusieurs mois encore les marchés mondiaux du gaz naturel liquéfié.

    Le froid ne disparaîtrait donc pas avec le printemps.

    Il changerait simplement de visage.

    LES CHOCS DU GAZ NE MEURENT PAS FACILEMENT

    Il existe des crises qui passent comme des tempêtes.

    Et il en existe d’autres qui s’installent.

    Une étude publiée en juin par la Banque d’Italie rappelle cette différence essentielle : les chocs pétroliers provoquent généralement une poussée d’inflation relativement brève. Les chocs gaziers, eux, semblent porter en eux une mémoire plus longue.

    Ils frappent.

    Puis ils se transmettent.

    Puis ils demeurent.

    Leur empreinte atteint l’inflation sous-jacente — celle que la Banque centrale européenne observe avec une attention particulière — comme une maladie lente qui aurait trouvé plusieurs chemins pour se propager.

    Et lorsque l’énergie renchérit, ce ne sont pas seulement les factures qui changent.

    C’est toute l’architecture du crédit, de l’investissement et de la consommation qui commence à trembler.

    Les marchés financiers envisagent ainsi plusieurs nouvelles hausses des taux de la BCE — trois, peut-être quatre — jusqu’à atteindre un niveau susceptible de peser lourdement sur la croissance.

    L’argent deviendrait alors plus difficile à obtenir.

    Les ménages réduiraient leurs dépenses.

    Les entreprises différeraient leurs investissements.

    Et sous la surface brillante des statistiques, l’économie commencerait lentement à perdre de sa chaleur.

    Peter Kazimir, membre du comité de politique monétaire de la BCE, résume ce déplacement du regard avec une phrase qui sonne presque comme un avertissement :

    « Mon attention se porte désormais moins sur les prix du pétrole et des carburants, mais de plus en plus sur ceux du gaz et de l’électricité. »

    Le pétrole n’est plus le seul spectre.

    Un autre s’avance.

    Celui du gaz.

  • Big short sur la France- j'ai parié contre l'Etat

    " La croissance s’essouffle en France, la politique budgétaire reste sur une trajectoire insoutenable, la dynamique des réformes est au point mort et les perspectives politiques semblent tout simplement effrayantes",

    Analyse de la Money Power

     

    Goldman Sachs et Deutsche Bank ont ainsi constitué des "paniers" réunissant plusieurs obligations françaises,

    money.jpg

    Les oracles modernes, tissent leurs paniers maudits, assemblages d’obligations françaises, artefacts instables, reliques d’un futur incertain. L’apparition de ces produits, dédiés à la peur, à ce risque politique insidieux, est un signe — un présage gravé dans la chambre noire des marchés.

    Avant même le rite inaugural de la campagne, les marchés cessent de prier pour un vainqueur. Ils calculent, froids, implacables, les gains et les pertes, mesures d’un destin fracturé. Qui gagnera ? Qui perdra ? La question n’est plus à l’honneur, mais aux chiffres, aux ombres des scénarios possibles.

    Concrètement, voilà la conjuration : paniers d’obligations, instruments d’une divination mercantile. L’investisseur croyant en la paix des marchés mise sur la montée, récoltant l’or dans la montée des valeurs. L’autre, prophète de l’effondrement, parie sur la déchéance, s’enrichissant dans la chute des titres. Paris effrayés, destins liés, mais sans que jamais les obligations ne soient véritablement touchées, fantômes que l’on manipule, jeux d’ombres sur le fil tranchant de la crise.

  • Une photographie de l’Interzone française

    Proverbe russe :  

    « si tu étais déjà dans le bal, prépare toi à danser »

     

    lIl interzone france,france,elections pieges à con souverainetéexiste, quelque part entre la République et son cadavre, un territoire que les cartes administratives refusent obstinément de représenter. On l’appelle l’Interzone française. C’est une contrée où les partis politiques ne proposent plus vraiment de gouverner, mais de réorganiser les ruines selon leurs propres systèmes de croyance.

    On y rencontre quatre grandes confréries et quelques sectes secondaires.

    Les Émissionnistes passent pour les idéalistes de l’Interzone. Leur imagination ne connaît qu’une limite : la hauteur de leur ambition, ce qui, dans leur cas, constitue déjà une forme inquiétante de péril public. Leur grand projet consiste à placer la dette française sur les marchés et à la confier, sous une forme ou une autre, à la population dans un vaste fonds souverain. Quant à savoir si ce mécanisme est réellement destiné à redresser la France, les Émissionnistes entretiennent sur la question un silence comparable à celui d’un banquier devant une tombe ouverte.

    À leur tête se tient Taxman, l’Homme chauve qui sourit. Personne ne sait exactement ce qu’il promet, mais son sourire semble indiquer qu’il le sait, lui.

    Les Liquéfactionnistes, eux, nourrissent une ambition plus radicale : faire fondre la population jusqu’à obtenir un Homme unique, providentiel et parfaitement concentré, capable de résoudre seul les problèmes que plusieurs dizaines de millions d’individus n’ont pas réussi à résoudre séparément.

    Leur doctrine repose sur un principe simple : brouiller méthodiquement la frontière entre le global, le national et le local, jusqu’à ce que plus personne ne sache où commence le pays, où finit la commune et à quel endroit se trouve exactement le problème.

    Le parti est officiellement dirigé par un semblant d’homme. Les documents électoraux le présentent comme un milliardaire. Les témoins parlent plutôt d’un crabe géant. Il serait issu d’une longue lignée de gènes récessifs, ce qui expliquerait certaines particularités de sa physionomie et peut-être quelques-unes de ses décisions.

    Son principal adversaire serait un parrain de la mafia locale connu sous le nom de Islam Inc. Personne ne l’a jamais vu officiellement. Personne ne peut confirmer son existence. Certains prétendent qu’il serait financé par le narcotrafic. D’autres affirment qu’il ne s’agit que d’une rumeur entretenue par ceux qui ont besoin d’un ennemi invisible pour expliquer leurs propres échecs.

    Les Divisionnistes ont choisi une autre méthode : diviser.

    Ils veulent diviser la dette, diviser la population, diviser les responsabilités et, finalement, diviser le pays jusqu’à ce qu’il devienne impossible de reconnaître ce qui subsiste de l’ensemble initial. Pour eux, la France n’est plus tout à fait un pays. C’est une colonie française qu’il conviendrait de décoloniser, opération dont personne n’a encore réussi à déterminer exactement l’objet.

    Enfin viennent les Nécronomistes.

    Ils constituent le groupe le plus étrange et probablement le moins nombreux. Ils s’opposent à presque tous les principes des autres partis, non par conviction particulière, mais parce qu’ils semblent considérer toute solution comme une forme prématurée de maladie politique.

    Ils ne proposent rien.

    C’est leur programme.

    Ils regardent les Émissionnistes émettre, les Liquéfactionnistes liquéfier et les Divisionnistes diviser. Puis ils expliquent que tout cela finira probablement mal.

    Cette absence de solution irrite profondément la population, qui aimerait au moins pouvoir reprocher quelque chose de concret aux Nécronomistes.

    Ces derniers entretiennent néanmoins des relations parfaitement cordiales avec un autre groupuscule, l’Inaction Française, dont le programme est encore plus simple : attendre.

    Dans l’Interzone, les deux mouvements se comprennent parfaitement.

    Ils savent que toute action produit des conséquences.

    Et que l’inaction, elle, ne produit généralement que des conséquences un peu plus tard.

     

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