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capital fictif

  • La cathédrale de la dette

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    La dette n'est plus un instrument économique. Elle est devenue le milieu naturel dans lequel évoluent les États, les banques et les populations. Comme un océan invisible dont chacun respire l'eau sans plus se souvenir qu'il existe de l'air.

    Dans ce monde saturé de créances futures, une seule loi semble encore opérante : toute dette appelle une dette plus grande. La croissance n'est plus celle de la richesse, mais celle des promesses de remboursement. Les gouvernements avancent désormais comme des plongeurs reliés à des bouteilles d'oxygène empruntées aux générations suivantes.

    Les chiffres publiés par Bloomberg ne racontent pas une performance financière. Ils révèlent l'accélération d'un processus historique. Plus de 500 milliards de dollars de dette souveraine ont déjà été absorbés par les marchés depuis le début de l'année. Record après record, la machine se nourrit d'elle-même.

    L'intelligence artificielle occupe les conversations. Elle fascine parce qu'elle promet un futur. Mais la véritable bulle est ailleurs. Elle se trouve dans cette accumulation de créances qui ne reposent plus sur une croissance réelle suffisante, mais sur la croyance collective que le système continuera de fonctionner demain comme il fonctionnait hier.

    La pandémie avait fourni une justification exceptionnelle. L'urgence légitimait l'expansion des déficits. Aujourd'hui, l'exception est devenue la norme. Les déficits persistent, les dépenses augmentent, les besoins de financement s'étendent comme une tache d'huile sur la surface du temps.

    Les États invoquent désormais d'autres nécessités : la défense, la sécurité énergétique, les infrastructures, la transition écologique. Chaque crise engendre son nouveau canal d'endettement. Chaque menace ouvre un nouveau crédit.

    Ormuz devient un symbole pratique. Une perturbation géopolitique suffit à expliquer les tensions sur l'énergie. Puis survient soudain une accalmie opportune, comme si les marchés avaient reçu l'ordre de retrouver leur calme à l’anniversaire de Trump et les  les prix descendent, mais la question demeure : assistons-nous à des phénomènes spontanés ou à la gestion permanente des perceptions ?

    Les analystes parlent de « besoins de financement ». L'expression paraît neutre. Elle masque pourtant une réalité plus profonde : les structures publiques nécessitent désormais un apport continu de capitaux pour maintenir leur équilibre apparent que les impôts et taxes ne garantissent plus et la croissance non plus.

    L'Allemagne réarme. L'Europe assouplit ses règles budgétaires. Des centaines de milliards sont orientés vers les arsenaux, les réseaux énergétiques et les infrastructures stratégiques. Les combustibles fossiles doivent être remplacés, les frontières sécurisées, les économies modernisées. Chaque objectif est présenté comme indispensable. Chacun réclame davantage de ressources empruntées.

    Ainsi se construit la nouvelle architecture du XXIe siècle : une civilisation qui finance son présent en hypothéquant son futur, tout en considérant cette opération comme la forme normale de son existence.

    La dette n'est plus la conséquence du système.

    Elle est devenue le système lui-même mais comme vous le savez la dette on peut s'y pendre pas s'y suspendre...

  • Séquence philo-nécro

     

    PHILO.jpgA Nelly

    La technologie, moteur central de la croissance du capitalisme fictif, ne produit jamais autre chose qu’une morale binaire : machines « bonnes » contre machines « mauvaises ». Une métaphysique de supermarché. On l’observe aujourd’hui dans l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans — non pas tant une régulation que la tentative désespérée de distinguer de « bons » et de « mauvais » régimes de relations socio-technologiques.

    Cette vision manichéenne du monde ne résout rien. Elle ne fait qu’exposer, à nu, les contradictions qu’elle prétend conjurer. Car le cœur du problème n’est pas moral, il est structurel : la mauvaise adéquation entre des valeurs humaines résiduelles et la logique propre des machines ; entre une autonomie humaine déjà amputée et une autonomie machinique en pleine expansion.

    La machine autonome n’est pas un accident : elle engendre mécaniquement la machine de guerre. Taylor n’a pas inventé le taylorisme dans un laboratoire abstrait mais dans un arsenal. L’optimisation, dès l’origine, est une doctrine militaire. Toute rationalité technique est d’abord une rationalité de combat.

    L’extra-espace-isme a voulu croire que le « cyberespace » pouvait constituer un nouveau théâtre d’émancipation, un champ de bataille pour de « bonnes » relations homme-machine. Internet fut ainsi mythifié comme un espace de résistance face à sa militarisation, à sa transformation en « autoroute de l’information » sous contrôle centralisé, hiérarchisé, administré.

    Mais la question décisive reste évitée : et si le cyberespace, par nature, n’était rien d’autre qu’un dispositif de séparation ? Et si cette sphère prétendument immatérielle n’était que l’expression pure de la logique machine — abstraction, désincarnation, découplage du corps et de la vie quotidienne ?

    Depuis, l’origine du blog et du livre Crise et Mutation nous n’avons cessé de soulever cette question constatant qu’à l’heure du capital fictif, la vie virtuelle était supérieure à la vie réelle. L’ami Vincent  avait vu cela très tôt.

    Un quotidien sombre et difficile est le lot des beaucoup de gens et concerne toutes les tranches d’ âge. On va interdire les réseaux sociaux au plus de 80 ans,aux femmes âgées pour qu’elles ne soient plus victimes des brouteurs ???

    Moi je les comprend, ça doit être valorisant d’être dans un plan love avec Brad pitt ou Clooney…Les projets même virtuels, ça maintient en vie dans la réalité.….Le capital fictif ne veut pas réobjectiver la vie...mais vendre les données récupérées comme le fait Palantir désormais meilleur ami de la DGSI.

    Avec Palantir, le plan «ontologique» d'Alex Karp et Peter Thiel pour créer un État digital | Le Grand Continent

     

  • Voyage au pays du capital fictif- Les Mozart de la Planche à billets

    1747162091281 (5).jpgAussitôt dit, aussitôt imprimé, il y a pas moins de sept jours, la Banque centrale  chinoise a donné le coup d’envoi de la nouvelle série d’assouplissements monétaires. Sans que les États-Unis n’aient cette fois le mot à dire sur la manipulation monétaire. Au contraire, garantir à la Fed l’occasion de maintenir en vie sa pantomime interne de confrontation avec la Maison Blanche, en reportant la coupure tant attendue au prochain FOMC (Federal Open Market Committee).

     . En fait, les bourses ont célébré  le report de 90 jours d’un régime tarifaire qui n’était pas en vigueur. Bref, le marché n’a rien célébré. Parce que lorsque vous êtes manipulé, le néant est votre référence. Qu’il s’agisse de swaps ou de contrats à terme.

    Ils savent qu’il n’y a jamais eu de guerre commerciale, parce qu’il n’y a jamais eu d’ennemi. Seulement des partenaires de théâtre. Des pantins géopolitiques tendus sur les ficelles d’un récit bancal, cousu de toutes pièces par ceux qui, à défaut de piloter l’économie réelle, préfèrent en orchestrer la fiction.

    Les rayons vides ? Une mise en scène.
    Une tension scénarisée pour remplir les chroniques économiques et justifier, comme par enchantement, les tours de passe-passe des banques centrales. L’inflation ? Même traitement. Un mot valise qu’on brandit comme un totem, quand il s’agit en réalité d’un instrument de narration, destiné à légitimer les interventions de ceux qui manipulent les curseurs sans jamais en assumer les conséquences.

    Et pendant que les analystes pérorent sur la “volatilité des marchés”, la Banque centrale chinoise, elle, ne perd pas de temps.
    Sept jours. Pas un de plus.
    Un petit tour de vis monétaire — ou plutôt un relâchement — et tout le monde applaudit. L’Amérique ? Silence radio.
    Ni tweets outrés, ni menaces de représailles : la Fed a désormais besoin de cette diversion pour maintenir son propre numéro d’illusionniste, coincée entre la Maison Blanche et un FOMC devenu organe de procrastination politique.

    Et les marchés ?
    Ils “célèbrent” le report de tarifs… qui n’étaient même pas appliqués.
    Rien.
    Ils ne célèbrent rien…Une partouze sans sexe…
    Car dans un monde où tout est calibré, retouché, médiatisé jusqu’à l’absurde, le vide devient norme, et la manipulation le moteur.
    Qu’il s’agisse de swaps, de contrats à terme, ou de pseudo-conflits commerciaux.
    La réalité n’est plus un facteur. Elle est devenue accessoire.

    Ils parait que le dernier réflexe des grands fauves est d’éjaculer sur le sol avant de mourir pour répandre leur semence. Alors couvrez-vous, il va pleuvoir...

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