Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

agamben

  • Giorgio Agamben : un prophète

     

    "Les hommes se sont si bien habitués à vivre dans une condition de crise pérenne et de pérenne urgence qu’ils ne semblent pas même se rendre compte que leur vie a été réduite à une condition purement biologique et qu’elle a perdu toute dimension sociale et politique et même toute dimension humaine et affective. Une société qui vit dans un état d’urgence pérenne ne peut être une société libre. Et, de fait, nous vivons dans une société qui a sacrifié la liberté aux supposées « raisons de sécurité » et qui, pour cette raison même, s’est condamnée elle-même à vivre dans un état de peur et d’insécurité pérennes.

    Il n’est pas étonnant qu’on évoque la guerre à propos de ce virus. Les mesures d’urgence nous obligent en effet à vivre dans des conditions de couvre-feu. Mais une guerre livrée contre un ennemi invisible qui peut se loger dans le corps de chaque homme n’est-elle pas la plus absurde des guerres ? Il s’agit en vérité, d’une guerre civile. L’ennemi n’est pas à l’extérieur de nous. Il est à l’intérieur de chacun de nous.

    Ce qui inquiète, alors, ce n’est pas tant, ou pas seulement le présent, mais c’est ce qui va venir après. Ainsi, tout comme les guerres ont laissé en héritage à la paix une série de technologies néfastes, des fils barbelés aux centrales nucléaires, de la même manière il y a fort à parier que l’on tentera de poursuivre après l’urgence sanitaire les expérimentations que les gouvernements n’avaient pas réussi jusqu’ici à mener à bien : fermer les universités et les écoles et faire des leçons par internet, arrêter une bonne fois pour toutes de se réunir et de parler ensemble d’arguments politiques ou culturels, se contenter d’échanger des messages digitaux, et partout où c’est possible, faire en sorte que les machines remplacent enfin tout contact – toute contagion – entre les êtres humains."

  • Message de l'ami Mehdi

    que j'ai propulsé ministre de la culture du Gouv et qui représente avec moi la tendance anarchiste

    https://legouv.fr/ministeres/culture/lettre-de-mehdi-belhaj-kacem-aux-artistes-et-aux-damnes-du-covid/

     

  • Mourir Guéri (la suite)

     

    Comme je suis d’humeur joyeuse, je dirai comme le philosophe Italien Robert Esposito que :

     Comme dans les maladies auto-immunes, le système immunitaire devient si fort qu’il frappe le corps même qu’il devrait sauver et provoque sa décomposition  

    Ceux qui doutaient encore du biopolitique et de la bio économie sont servis Le sketch de la vaccination de Mauricette, la première vaccinée a été un grand moment ! Quel spectacle ! Quels acteurs ! Et Mauricette qu’attend plus qu’une allumette…C’était beau…L’espoir était là…

    Honnêtement le Biocinéma et la Biotélé ont de grands jours devant elles et ça ne va pas couter cher à produire.

    Et plus tard dans les mêmes programmes, on retrouve les théoriciens libéraux de la bioéconomie comme Nicolas Bouzou qui viennent nous vendre leur vision euphorique du capitalisme vert, basée sur la transition tranquille entre le recours à une énergie fossile en cours d’épuisement et l’utilisation de la biomasse renouvelable.

    L’histoire du Biocapitalisme ne date pourtant pas d’aujourd’hui puisqu’elle a été initialisée par la politique néolibérale de Ronald Reagan, qui coupa les dépenses de santé publique pour investir massivement dans les biotechnologies. Les élites pensaient déjà à leur survie au détriment du peuple.  Par la suite la même politique fut amplifiée sous la Présidence de George W. Bush / combiner le développement du secteur biomédical et en particulier la recherche sur les cellules souches en provenance d’embryons congelés, la marchandisation des sciences de la vie mais aussi la réorientation de la biologie vers des fins militaires, et une théologie protestante de la dette (très important pour maintenir asservis les populations), expressément réajustée à cet objectif.

    L’industrie américaine et européenne délocalisèrent là où les contraintes éthiques sont plus faibles, en Inde et en Chine pour faire des essais cliniques sur des cobayes. Tout ceci dans une logique purement libérale avec une conception du travail de production et de reproduction pensés comme coûts à réduire.

    C’est de cette histoire que vient le COVID et non pas des pangolins.

    Nancy Fraser écrit que

    « toute forme de société capitaliste abrite une « tendance à la crise » ou une « contradiction » sociale-reproductive ancrée en profondeur. D’une part, la reproduction sociale est une condition de possibilité d’une accumulation durable du capital ; d’autre part, l’orientation du capitalisme vers l’accumulation illimitée tend à déstabiliser les processus mêmes de reproduction sociale sur lesquels il s’appuie ».

    Cette contradiction acquiert une portée politique potentielle, amplifiée par l’actuelle crise sanitaire : la protection relative de la force de travail, via des décisions qui freinent voire mettent à l’arrêt certains secteurs de production, entre en relation complexe, conflictuelle, avec une logique capitaliste de précarisation des salariés, de mise en concurrence et de hiérarchisation sociale qui combine racisme, sexisme et exploitation.

    On ne saurait mieux dire