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futur - Page 3

  • Necronomy Power

    1000039201.pngLe chiffre. 

    Avec 68 500 défaillances attendues pour l'exercice 2025, l'économie française franchit un seuil historique. Ce volume représente une progression de + 3,4 % par rapport à une année 2024 qui affichait déjà un bilan lourd de 66 240 cas.

    le rattrapage post-Covid s'est transformé en une crise de solvabilité durable.

    Une onde de choc qui n'épargne plus personne. Si les défaillances touchent l'ensemble du tissu économique, certains secteurs se trouvent aujourd'hui en état d'urgence absolue.

    Le rapport ne décrit pas une crise.
    Il dresse un électrocardiogramme.
    Pics de vulnérabilité. Spasmes. Arrêts intermittents.

    Transport. Entreposage.
    Les artères logistiques se bouchent.
    +61 %.
    Camions fantômes, hangars pleins de marchandises mortes, flux rompus.
    La chaîne s’est mordue elle-même.

    Information. Communication.
    +42 %.
    Les écrans tremblent.
    Le récit se fissure.
    Les tuyaux à slogans crachent du bruit, plus de signal.
    La panne gagne le langage.

    Automobile.
    +40 %.
    Le fétiche mécanique cale.
    Crédit grippé, leasing carbonisé, stocks à l’arrêt.
    Le moteur du désir bourgeois tousse puis s’éteint.

    Hôtellerie-restauration.
    Qu’on disait « résiliente ».
    +34 %.
    Résilience de brochure.
    Les tables se vident, les cuisines brûlent à feu doux.
    Service minimum pour fin du monde ordinaire.

    Mais la vraie mutation est ailleurs.
    Changement de régime.
    Nouvelle règle du jeu.

    Les gros poissons remontent à la surface.
    Ventre en l’air.
    Plus de sanctuaire systémique.
    Plus d’immunité par la taille.

    33 milliards d’euros de chiffre d’affaires partent à la casse.
    +40 % par rapport à l’histoire officielle (2006-2024).
    Le capital découvre qu’il est lui aussi mortel.

    Ce cycle ne purge plus les marges.
    Il attaque le tronc.
    Les structures centrales.
    Les noms connus.
    Les logos familiers.

    La défaillance devient virale.
    Elle ne respecte plus les hiérarchies.
    La machine mange ses ingénieurs.

    Fin de protection.
    Fin de narratif.
    La nécro-économie entre en phase active.

  • Un pur moment de rock'n 'roll

    thumbnail (5).jpgDe retour dans le quartier, après un court voyage, en à peine un quart d’heure de présence j’ai pu assister et même être acteur d’une joute verbale phénoménale. Nous faisions la queue au PMU Tabac loto, certains pour acheter des clopes ou des feuilles à rouler et la plupart pour des tickets de grattage. Soudain, un très grand mec genre colosse black ( c’était pas Jimmy le danois) au visage buriné comme les boxeurs ou les pratiquants de MMA peuvent en avoir, passe devant nous tous et s’adresse au chinois derrière la caisse pour se faire servir. Le fils du patron, un mec cool et strong rompu aux arts martiaux et habitué aux bastons puisque dans le lieu, il y en a tous les jours ou tout du moins des actes d’énervement.

    Poliment, il explique avec diplomatie à la nouvelle terreur d'un ton  très zen qu’il va le servir mais qu’avant il va servir les gens qui ont fait la queue d’abord. Et là s’en suit ce dialogue surréaliste :

    La terreur :

    « Je suis passé devant mais ils n’ont rien dit…

    Le chinois 

    « Monsieur, ce n’est pas parce qu’ils n’ont rien dit qu’ils sont d’accord. »

    Et là, les nécros le sommet de la réplique…

    La terreur :

    T’es qui toi ? T’es leur avocat ? Ils te payent pour ça ?

    Et là, évidemment, je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire devant tant d’attitude Trumpienne genre c moi qui ait la plus grosse…

    Et à contre-courant comme dab puisque c’est à contre-courant que l’on se rapproche de la source, je lui ai dit :

    « Bravo…je vous félicite…J’ai connu bcp d’endroits comme celui dans lequel nous sommes et ce dans différents pays mais c’est la première fois que j’entends un truc pareil, vous êtes un créatif… »

    Et là, le mec reconnaissant que je salue son exercice de judo mental même basé sur son physique m’a rétorqué :

    « T’as vu j’attaque… »

    Puis il est parti…

    Là-dessus, un gratteur qui avait gagné dix euros m’a demandé si il devait prendre un avocat...

    Muzak On ne manque pas de respect à Jésus

    On ne manque pas de respect à Jesus [ The Big Lebowski ]

  • Cancer et drogues, dictez vos ordres

    thumbnail (1).jpgLA RÉALITÉ DU PRÉSENT n’est plus un décor mais une infection.
    Un chagrin massif, industrialisé, compressé comme un déchet toxique au fond de la poitrine collective. Une larme hypertrophiée, non plus dans l’œil, mais directement injectée dans le muscle cardiaque. Le cynisme n’est plus une posture : c’est une condition environnementale.

    Chaque jour ajoute sa couche d’horreur, son micron de pourriture. L’apocalypse n’arrive pas, elle s’installe. Elle progresse par mises à jour successives, patchs climatiques, bugs sociaux, effondrements discrets. L’environnement s’éteint pendant que les écrans restent allumés. Dialectique de mort : polluants chimiques contre polluants mentaux, neurotoxines contre narratifs toxiques. Match nul. La société se décompose sous la technologie comme un corps sous radiothérapie.

    Le cancer, absent des sociétés prémodernes, est devenu la signature biologique de la civilisation. Une prolifération sans projet, une croissance sans finalité. Le corps social est tumoral : il produit pour produire, croît pour croître, métastase sans conscience. Stérilité généralisée, aussi bien des sols que des imaginaires.

    Bientôt tout le monde sera sous substance. Peu importe le canal : prescription légale ou économie nocturne. Chimie blanche, chimie noire, même résultat. La pharmacologie devient la morale dominante. On ne soigne plus le monde, on anesthésie les nerfs qui crient. Les troubles de l’attention ne sont pas une pathologie individuelle mais une réponse logique à un réel devenu illisible. On médicalise l’angoisse comme on repeint un mur fissuré.

    L’ordre dominant nie la réalité sociale avec méthode. Il ne voit que des déséquilibres neuronaux, jamais des structures pathogènes. Sa technopsychiatrie réduit la souffrance à un bug génétique. Pas de conflit, pas de domination, pas de violence systémique — seulement des cerveaux mal calibrés. L’humain devient une machine défectueuse dans un monde supposé sain.

    Pendant ce temps, prolifèrent des maladies sans remède industriel, des pathologies hors protocole, rétives au marché pharmaceutique. En parallèle, le fondamentalisme religieux se répand comme une mycose psychique : refuge des consciences écrasées. La spiritualité du bien être placebo pour classes saturées, vend l’illumination clé en main. Être apaisé dans un monde malade devient une complicité.

    Le gouffre entre riches et pauvres s’élargit jusqu’à devenir une faille tectonique. Ici, les sans-abri et les détenus forment une population parallèle, invisible, excédentaire. La colère monte, mais sans débouché. Les mensonges de la propagande ne prennent plus, pourtant rien ne bouge. Le faux règne encore, mais sans croyants véritables. La méfiance est totale, la paralysie aussi.

    La vie sociale est figée comme un organisme sous cryogénie. Et la jeunesse encaisse le choc frontal. Elle hérite d’un futur déjà hypothéqué, d’un monde sans promesse. Le suicide devient une option rationnelle dans un système qui ne propose que la survie sous perfusion. Mourir jeune apparaît parfois plus logique que vieillir dans un enfer bien géré.

    Notre époque postmoderne n’est pas décadente : elle est terminalement fonctionnelle. Elle continue de tourner alors que tout est déjà mort.