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guerre sans guerre

  • GUERRE SANS GUERRE ET TRANSITION NECROLOGIQUE

     l’Union européenne a dû jeter l’éponge sur le sixième paquet de sanctions, celui qui était également censé inclure le pétrole russe. Ursula Von der Leyen, après avoir quantifié en six mois la période de temps nécessaire à la mise en œuvre concrète de l’interdiction du pétrole brut, a jeté le masque, parlant de la volonté d’aller vite mais aussi de la nécessité de discussions qui durent encore quelques jours. Parce que non seulement le front de l’UE est apparu désuni et faible après l’accord forcé à l’exemption jusqu’à la fin de 2024 pour la Hongrie et la Slovaquie et jusqu’au 30 juin pour la République tchèque, mais, même, Viktor Orban a soulevé les enjeux et a clairement dit comment une interdiction énergétique russe serait justifiée comme  une bombe atomique sur l’économie hongroise.

    Cela dit, Prague a trouvé le courage et a à son tour demandé une prolongation de l’opt-out jusqu’à l’achèvement des travaux des pipelines alternatifs qui garantiraient des flux ’énergie plus importants. Durée estimée, entre 3 et 5 ansImpasse et Ursula Von der Leyen forcées de mettre un bon visage au mauvais jeu: Nous avons besoin de plus de jours de discussion mais nous sommes confiants quant au succès

    En résumé la guerre sans guerre c'est bien mais qui paye ??? Nous aussi on veut bien muter mais va falloir faire tomber la badoit...et pas que de la badoit si vous voulez que l'on vienne s'agglutiner dans votre prochaine bulle verte du monde meilleur...

  • Vers l'EURASIE ?

    Aujourd'hui en cette date symbolique du 9 MAI pour les russes, je laisse la parole à mon ami l'historien Olivier Buirette

     

    Avec plus de 17 millions de kilomètres carrés et 146 millions d’habitants, la Russie qui a pris la suite de l’URSS dissoute en décembre 1991 soldant ainsi la fin de la guerre froide du moins dans le monde occidental, reste encore en 2022 le plus grand pays du monde.

    Un pays qui possède seulement 3 millions de km2 en Europe pour donc 14 millions dans le continent asiatique et donc au-delà de l’Oural. Avec de tels chiffres nous avons en plus une histoire déjà fort longue, puisque les origines de ce que l’on appelle la « Rus de Kiev » remontent à avant l’an mille soit en 862, pour voir en 1262 naitre la grande principauté de Moscou puis la naissance de l’Empire lui-même en 1547.

    Si on regarde sur le long terme l’Histoire de la Russie nous notons que celle-ci est continuellement ballotée entre les influences de l’orient et l’occident, entre un souhait de s’ancrer dans une forme de modernité occidentale notamment du temps des lumières au XVIIIe siècle en allant jusqu’aux grandes réformes du XIXe siècle, et des périodes plus complexes comme par exemple sous Ivan IV dit le terrible au 16e siècle.

    Tout le symbole du transfert de la capitale de Moscou à Saint Pétersbourg en 1712 sous le règne du Tsar Pierre le Grand (1682 – 1725) va d’ailleurs dans ce sens-là. En effet cette ville nouvelle se voulait avant tout comme une vitrine occidentale d’une Russie moderne et tournée vers l’occident. Il faudra d’ailleurs attendre la Révolution bolchevique en 1917 pour que Moscou redevienne la capitale de la future URSS, elle restera ensuite capitale de la Russie actuelle1.

    On voit donc bien ici ce ballotement historique dans l’Histoire russe. Les idées eurasiatiques remontent bien entendue à une période plus ancienne que les temps actuels. Ainsi dès le XIXe siècle elles se développent. La défaite russe en Crimée en 1856 face aux franco-britanniques alliés à la Turquie sera certainement un tournant, mais il faudra attendre le début des années 20 et l’immigré russe géographe et économiste, Piotr Savitski (1895-1968) pour que cette approche Eurasiatique soit théorisée. Dans les années 90 ça sera le tour d’Alexandre Douguine et d’Edouard Limonov co-fondateurs du Parti National Bolchevik en 1993 de remettre au gout du jour ce concept que la restauration de l’outils militaire russe que devait entamer Vladimir Poutine dès le début des années 2000 devait concrétiser en passant par le succès de son opération de « normalisation » en 2008 en Géorgie, puis l’annexion pure et simple de la Crimée et le soutien aux républiques pro-russes auto-proclamées du Donbass en Ukraine en 2014 et bien entendue les opérations de soutien au régime de Bachar El Hassad en Syrie en 2015, seule opération externe pour le moment en dehors de la zone d’influence de la Russie.

    Accompagnés de diverses communications notamment le fameux texte figurant toujours sur le site de l’Ambassade de la Fédération de Russie en France intitulé «Sur l’unité des russes et des ukrainiens »  attribué comme un essai rédigé par Vladimir Poutine lui-même le 12 juillet 20212 et qui devait fixer le cadre de cette guerre avec l’Ukraine dont l’invasion serait un préalable à la construction de cet espace Eurasiatique qui donc nécessiterait avant tout un retour du contrôle territoriale de l’ex URSS.

    De même une des voix les plus proches de la gouvernance russe, l’ancien président Dimitri Medvedev devait annoncer sur le réseau social « Telegram » ainsi que dans les colonnes du journal « La Libre Belgique » le 5 avril3 dernier que la Russie voulait construire une Eurasie de Lisbonne à Vladivostok. Bref une conception de l’avenir qui mettrait un terme à l’existence de l’UE en tant que tel et bien sûr de l’OTAN.

    Si on regarde une carte régionale, depuis le 24 février 2022 et l’invasion pur et simple de l’Ukraine nous sommes bien dans une tentative de restaurer l’Empire soviétique en utilisant des moyens militaires.

    En effet au nord la Pologne et les Etats Baltes semblent verrouillés par leur adhésion à l’OTAN mais une menace subsiste sur le petit couloir de territoire polonais séparant l’allié Biélorusse de l’enclave de Kaliningrad sous contrôle de Moscou. L’adhésion probable à l’OTAN de la Suède et de la Finlande créeront à coup certain de nouveaux points de tensions du futur rideau de fer qui se dessine, le survol fin avril par un avion de reconnaissance russe de la Suède en est un premier exemple même si c’est déjà arrivé fréquemment le contexte international donne bien sur plus de relief à cet incident.

    Au sud l’idée d’une jonction entre la République pro-russe autoproclamée de Transnistrie en Moldavie et les armées russes cherchant à prendre Odessa est plus que probable, que deviendrait alors la Moldavie qui est en plus petit dans les mêmes conditions géopolitiques que l’Ukraine : Pro Union européenne et Pro OTAN ?

    On voit donc bien que nous sommes depuis fin février dans un plan régional au niveau de ce conflit.

    Deux paramètres sont cependant à ajouter à tout cela qui sont les suivants :

    Que la Russie depuis à présent bientôt 3 mois de guerre semble bien marquer le pas en essayant de concentrer sur l’invasion du Donbass seul et sans grands succès en ce début mai.

    Que la Russie reste cependant la seconde puissance nucléaire au monde ce qui pour le moment bloque toute tentatives de retour de la diplomatie dans ce conflit.

    Il n’en demeure pas moins que nous assistons à la jonction entre la réalité de l’existence de ce vaste ensemble eurasiatique qui on l’a vu est fort ancien en Russie4 et l’emploi de moyens militaires pour y parvenir.

    Enfin la thématique panslaviste / pan orthodoxe reste pour le moment en retrait du conflit mais pourrait bien réapparaitre en effet le célèbre thème de « Moscou 3e Rome » reste en arrière-plan. On rappellera qu’à la suite de la fin de l’Empire Romain d’Orient et la chute de Constantinople en 1453, l’héritage de l’Empire avait été transmis à la Russie d’où cette appellation de 3e Rome. L’idée d’une part de réunir les slaves du nord et les salves du sud en les libérant d’une zone en partie contrôlée jusque-là fin du 19e siècle par l’Empire Ottoman sera une des grandes thématiques de l’Empire Russe, souvenons-nous toujours au 19e siècle de la reconstitution d’une Bulgarie indépendante ou encore de la libération des Balkans de l’Ouest avec la Serbie. Voilà deux pays slaves qui ont toujours été choyé par Moscou et de tout temps. La grande idée d’aller jusqu’à prendre Istanbul et ainsi reconstituer l’ancienne Constantinople reste un thème très fort. Ne donne-t-on pas encore à Istanbul à l’heure actuelle dans le monde slave le nom de « Tzaregrad », littéralement, la ville du Tsar ?

    On le voit il y a derrière tout le discours développé par Moscou avant et depuis le 24 février, beaucoup de racines historiques qui parfois prennent leurs sources assez loin dans l’histoire et qui se trouvent mises en perspective autour de cette notion géopolitique qu’il faudra qu’on le souhaite ou non prendre en compte un jour ou l’autre à savoir l’identité eurasiatique de la Russie.



    Dr Olivier Buirette le 9 mai 2022



    1 Marie-Pierre Rey, « La Russie face à l’Europe », Paris, Champs Histoire, 2002.

    2 https://france.mid.ru/fr/presse/russes_ukrainiens/

    3 https://www.lalibre.be/international/europe/2022/04/05/la-russie-veut-construire-une-eurasie-de-lisbonne-a-vladivostok-les-declarations-inquietantes-de-dmitri-medvedev-NWEX6ASNVJAFZMCRJNDF5PJPFE/

    4 Michel Eltchaninoff, « Dans la tête de Vladimir Poutine », Paris, Babel, 2015 (mis à jour en 2022).

  • Négatif en guise d'apéritif

    Je vous avais parlé du port de Shanghai le plus grand centre commercial du monde Et fermer Shanghai en tant que plaque tournante commerciale équivaut à fermer la moitié du monde.



    Nous nous attendons à un impact beaucoup plus important que l’année dernière. Négatif de manière dramatique et destiné à durer tout au long de 2022.

    Interview accordée à Bloomberg par Jacques Vandermeiren, CEO du port d’Anvers, deuxième hub en volume de trafic de conteneurs. En bref, la combinaison dans laquelle nous vivons est le marché boursier maintenant dans le domaine du flirt avec un marché baissier généralisé, des rendements qui explosent, une croissance en stagnation générale et une inflation au plus haut depuis les années quatre-vingt.

    Bref, nous nous dirigeons tout droit vers le Grand Splaaash la piscine des ténèbres de l'économie.