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NECRONOMIE

  • 2026 Une année déjà tracée...

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    click on picture from Urban Autopsy

    Marvin Minsky, éco-prophète du culte cybernétique, lâchait au début des années 80 sa formule cannibale :
    le cerveau humain,
    disait-il, n’est qu’un ordinateur d’un kilo et demi, fait de viande.
    De la chair calculante.
    Du steak neuronal sous tension.

    Depuis, la métaphore a muté en programme politique.

    On invoque les barbares comme on invoque des fantômes utiles — pour nous rappeler ce que nous serions sans la religion, sans l’État  et le travail pénible. Mythe fondateur recyclé. Fable pédagogique pour enfants tardifs. Mais cette vision idéologique du passé a explosé sous la pression de l’économisme triomphant : le marché a remplacé Dieu, l’algorithme a remplacé la Loi, et l’Histoire est devenue une courbe Excel.

    On parle de réindustrialisation sans prononcer le mot maudit : démondialisation.
    Car le Système — entité fermée, autoréférentielle, nécrosée — ne reconnaît jamais ses erreurs. Il les capitalise. Il les appelle « transitions ».

    Notre âge de l’ordinateur post-industriel n’a pas produit des citoyens augmentés mais des appendices. Bras USB. Regards connectés. Consciences en location. L’humain devient périphérique, interface molle, viande compatible. La machine ne nous sert plus : elle nous tolère.

    Dans son arrogance atroce, le Système attend de ses victimes qu’elles se contentent de voter à intervalles réguliers, de trier leurs déchets et de croire — sincèrement, religieusement — que tout ira très bien. Démocratie low-cost. Écologie de formulaire. Spiritualité du bac jaune.

    La mondialisation, qui a largement contribué à nous précipiter dans la crise terminale de notre temps, travaille chaque jour à effacer les causes de l’horreur qu’elle engendre. Elle produit l’amnésie en flux tendu. Elle dissout les responsabilités dans la logistique. Tout circule, sauf la vérité.

    L’époque postmoderne trouve sa forme achevée dans la consommation et la technologie. Les mass media y puisent leur force hypnotique : images-chocs, slogans mous, récits prémâchés. Le spectacle de la domination est terrifiant précisément parce qu’il est simple. Trop simple pour être vu.

    Même les échecs les plus flagrants — violence, chaos, effondrements — deviennent carburant pour l’hypnose collective. Diversions infinies. Séries, faits divers, peurs recyclables. Nous sommes fascinés par les comportements menaçants parce que l’ennui est devenu plus insupportable que la terreur.

    Ceci explique cela, disait-on autrefois.
    Aujourd’hui, cela s’exécute automatiquement.

    Bonne année les NécroINACTION.jpgs de notre part

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  • Laissons la peur aux pauvres joyeux NO HELL

     

    1766232668539 (2).jpgLe Money Power écoute la crise annoncée comme on écoute un vieux conte gore —
    voix basse, feu de cheminée, marshmallows idéologiques.
    Ça fait peur, mais c’est du cinéma.
    Après le générique, ils iront dîner.
    Viande tiède. Vin bio. Oubli programmé.

    La culture médiatique a dissous le réel dans le film permanent.
    Tout est simulacre, teaser, bande-annonce de l’effondrement.
    L’horreur devient un genre.
    Le crash, un divertissement premium.

    Mais l’Histoire — la vraie —
    n’est pas un film.
    C’est une machine négative.
    Une dialectique en marche arrière.

    Chaque progrès technique s’achète en chair sociale.
    Chaque innovation réclame son lot de déclassés,
    de corps jetables,
    de zones mortes.

    La fameuse destruction créatrice Schumpetérienne
    Le capital avance en laissant derrière lui des cimetières connectés.

    La misère de masse mondiale n’est pas un bug du système,
    c’est son interface.
    Le contraste obscène entre prouesse technologique et paupérisation globale
    est le symptôme central de l’époque terminale.
    Le scandale devient normalité.
    La normalité devient fatalité.

    Les politiques ne gouvernent plus,
    ils commentent l’inévitable.
    Ils administrent le désastre comme une météo économique.
    Il pleut des pauvres.
    Risque de tempête sociale.
    Aucune évacuation prévue.

    La mutation idéologique du capitalisme en crise
    n’est ni une erreur, ni une dérive,
    mais une nécessité structurelle.
    Une logique froide.
    Un automatisme sans conscience.

    Le capitalisme mondialisé a atteint ses limites internes.
    Il ne peut plus promettre d’avenir,
    alors il sélectionne.
    Il trie.
    Il sacrifie.

    Politiques de rationnement existentiel.
    Libéralisme autoritaire.
    Hygiène sociale de fin de cycle.

    MAGA, droites extrêmes, centres néolibéraux durcis —
    mêmes logiciels,
    mêmes algorithmes de domination.
    Pas des accidents de parcours,
    mais des mises à jour.

    Nostalgie d’un ordre perdu,
    fantasme d’autorité,
    pendant que toute critique émancipatrice est disqualifiée.
    Trop radicale.
    Trop lucide.
    Trop vivante.

    Refuser le retour au passé.
    Refuser l’adoration béate du présent.
    Entre les deux :
    le champ de ruines où le futur a été annulé.

    La Bête n’a plus de récit.
    Alors elle gouverne par la peur.
    Et appelle ça réalisme.

  • IA une mante religieuse

    1766232668539 (2).jpgBulle primitive.
    À l’époque d’Internet, les start-up étaient des enfants mutants,
    porteuses d’un avenir bricolé à la va-vite —
    sauf les télécoms, déjà nécrosés,
    déjà lourds de dette, déjà dans la morgue des infrastructures.

    Aujourd’hui, ce n’est plus une bulle.
    C’est un organe.
    Un organe monstrueux greffé sur le capital global.

     

    Dans la bulle IA,
    les géants ne financent pas :
    ils incarnent.
    Ils sont à la fois le prêtre, la machine et la victime sacrificielle.
    Ils ne parient plus sur l’avenir,
    ils l’aspirent.

    Les besoins financiers ne croissent pas.
    Ils explosent.
    Ils perforent la réalité comptable.
    L’IA n’est pas un secteur,
    c’est une centrale nucléaire de calcul
    branchée directement sur le crédit.

    Les anciens réseaux,
    les câbles, les antennes, les routes numériques —
    tout cela paraît aujourd’hui
    comme de la petite monnaie historique,
    de la ferraille d’un autre siècle.

    Le gouffre, c’est le calcul.
    Le calcul pur.
    La capacité brute.
    Des fermes de silicium
    où l’électricité est transmutée en prophéties probabilistes.

    Morgan Stanley parle :
    trois mille milliards de dollars
    pour ériger les cathédrales de données
    avant 2028.
    Trois mille milliards
    pour nourrir des modèles
    qui n’ont pas faim
    mais exigent tout.

    Même les dieux technologiques
    ne peuvent plus payer seuls.
    Leur trésorerie se fissure.
    Le mythe de l’autofinancement
    s’évapore.

    Alors on emprunte.
    On hypothèque le futur.
    On empile la dette comme du béton armé.

    Meta, autrefois vierge de crédit,
    descend dans la boue obligataire.
    Hyperion, Louisiane —
    nom de titan,
    fondations de dette.
    26 milliards à crédit,
    six milliards de sang propre,
    le reste prêté par Blue Owl,
    rapace discret du capital patient.

    Et plus bas dans la chaîne alimentaire,
    c’est l’hystérie pure.
    Deuxième rang.
    Troisième rang.
    Petites structures,
    effectifs lilliputiens,
    dettes titanesques.

    Fluidstack,
    dix employés,
    dix milliards empruntés.
    Macquarie fournit la morphine.
    Les puces IA servent de collatéral,
    des cerveaux empaquetés
    comme lingots de garantie.

    Voilà la vérité nécro-économique :
    l’IA ne crée pas de richesse,
    elle convertit le crédit en puissance de calcul
    et la dette en hallucination stratégique.

    La bulle Internet promettait un monde.
    La bulle IA promet seulement
    de tenir encore un peu
    avant l’effondrement thermique du capital.

    Ce n’est plus une innovation.
    C’est un rite de survie.
    Un dernier tour de vis
    avant que la machine
    ne commence à manger
    ses propres prêteurs.