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Crise et Mutation

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    thumbnail.png LES EXTERNES

    La jeunesse n’a jamais été une question d’âge.

    C’est une question de position dans la Machine.

    On peut avoir vingt ans et être déjà vieux : parfaitement ajusté à sa fonction, employable, solvable, prévisible, intégré au circuit de production-consommation. Et l’on peut en avoir cinquante et demeurer jeune au sens économique du terme : ne pas coïncider avec la place que le Marché vous a assignée.

    Le Jeune, c’est l’Externe.

    Celui qui bouge encore.

    Celui qui s’agite entre deux cases de la nomenclature sociale, qui refuse de devenir exactement ce que l’économie avait prévu qu’il devienne. Il cherche une autre situation, un autre travail, parfois une autre manière de vivre. Son problème n’est donc pas biologique. Son problème est qu’il n’adhère pas complètement à sa fonction.

    Et pour le Marché, c’est déjà beaucoup.

    Car toute société économique rêve d’individus coïncidant parfaitement avec leur emploi, leur revenu, leur dette, leur statut et leur consommation.

    L’Interne a accepté cette coïncidence.

    Il possède une place dans la Machine et finit généralement par confondre cette place avec lui-même. Il travaille, rembourse, vote, épargne, consomme et défend naturellement le système qui garantit la continuité de sa position. Il appelle cela la stabilité.

    L’Externe, lui, regarde la stabilité depuis le trottoir.

    Il n’est pas nécessairement pauvre, chômeur ou révolutionnaire. Il est simplement mal ajusté. Il existe encore un écart entre ce qu’il est et ce que l’économie exige qu’il soit.

    C’est dans cet écart que commence la jeunesse.

    D’un côté, donc, les Internes : ceux qui ont obtenu leur siège dans le train économique et souhaitent naturellement que le voyage continue.

    De l’autre, les Externes : précaires, déclassés, surnuméraires, insoumis, intermittents de l’intégration, tous ceux auxquels la Machine promet une place tout en reculant continuellement le moment de la leur donner.

    Voilà pourquoi le conflit générationnel masque souvent un conflit beaucoup plus profond.

    Ce n’est pas jeunes contre vieux.

    C’est intégrés contre non-intégrés.

    Ceux qui possèdent encore quelque chose à défendre contre ceux auxquels on demande de défendre un monde dans lequel ils ne possèdent presque rien.

    Et lorsque le nombre des Externes devient trop important, le problème cesse d’être sociologique.

    Il devient politique.

    Puis historique.Car un système peut absorber quelques marginaux.

    Il peut même vendre leur révolte sous forme de chaussures, de musique et de séries télévisées.

    Mais lorsque l’exclusion devient structurelle, lorsque des générations entières comprennent qu’elles ne seront jamais véritablement admises dans le banquet des Internes, alors la jeunesse change de nature.

    Elle cesse d’attendre son tour.

    Elle commence à comprendre que son tour n’était peut-être pas prévu.

  • Le Parcours sup de la jeunesse

    emeutes,parcours sup,soulevement de la jeunesse, gen Z,generation zC'est désormais l'heure des comptes et du bilan, catastrophique pour ces générations parcours Sup. Parcours sup est la marque qui accompagne la dégradation des conditions matérielles d'un enseignement de service public de qualité.  Certaines matières fondamentales comme outils d'indépendance de la pensée, comme les maths et l'histoire ont été fortement relativisées, dévaluées ou triturées dans le sens du roman qui plaît au pouvoir politique. Dans le fond. Non seulement des gens qui avaient telle ou telle vocation n'ont pu aller au bout de leur projet, mais des gens qui n'en avaient ni la vocation ni l'envie, se sont retrouvés dans des filières que seuls les plus résilients ont pu accomplir jusqu’au bout sans enthousiasme. Bref beaucoup de gens sont sortis de leur filière désignée par « parcours sup », bien avant la fin de leurs études.

    Derrière parcours sup, l'idée était de diminuer le financement public des filières universitaires (embauche des personnels, entretien et modernisation des locaux et des matériels, garanti d'un nombre suffisant de place pour tous les bacheliers etc.).

    Et donc, pour ne pas financer le public, favoriser le développement d'un enseignement supérieur privé à but lucratif, payant, adapté soi disant aux besoins des entreprises…X

    Des études désormais payantes et financées par un emprunt étudiant avec taux d'intérêts à devoir rembourser avec ses revenus, pendant plusieurs des premières années professionnelles. A condition d’ailleurs que cela marche professionnellement.  Le parcours sup, était donc suffisamment insatisfaisant, et sélectif de fait, pour inciter à prendre un crédit, et tenter de faire dans le privé, ce qu'on ne pourrait pas faire dans le public. La mise en place de parcours sup a été faite pour encourager, le développement de boîtes universitaires privées et du crédit. 

    Développer le privé et enrichir le pouvoir créancier, tout en évacuant et en dévaluant le public. 

    Opérer un tri sélectif en infantilisant les jeunes, au nom de « bonnes intentions » bidons (comme l’enfer en est pavé) du style " c'est pour qu'ils ne perdent pas leur temps, en hésitant sur des années de licences universitaires inaccomplies". Elément de langage complètements fallacieux. Surtout lorsqu’on voit le nombre de jeunes qui ont décroché de parcours sup, et même des options privées… Parcours Sup c’est l’abolition de la liberté de l’étudiant, du jeune, de tâtonner et de se chercher, de changer transversalement de filière. Un vrai parcours comme expérience de vie qui fait murir et optimise un choix ultérieur. Parcours Sup a abolit la liberté, une fois le bac en poche, de s'inscrire de soi-même dans la filière de son choix. 

    Parcours sup, n'est dans le fond, qu'un dispositif de tri sélectif, plus stressant que le bac lui même, un dispositif type « traite sélective du vivant ».

     (si t'as pas parcours sup, tu vend des stups !), des révoltes de la Gen Z… Une lame de fond mondiale,

    Car, tous courront après les investisseurs à taux d'intérêt sous conditions !! Mondialement, en effet, tout est mu désormais par la dynamique du pouvoir créancier, bientôt piloté par une mise en équation IA. C’est ce qu’il faut avoir compris.