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Crise et Mutation

  • L'avis du Docteur Benway

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    bur.jpgsuite à ma dernière note, le Doc psychiatre des démocraties de Marche m'envoie ces précisions.

    Il n y a que sur ce blog que vous pourrez lire des analyses comme celle là. Faut s'accrocher mais ça en vaut la peine....Comprenne qui pourave mais on capte mieux pourquoi Elon Musk prend de la la kétamine..

    On peut considérer que le déclenchement des pathologies psychiatriques individuelles (et l'augmentation en nombre) dans l'adaptation au Capitalisme muté et en mutation cyclique mais permanente et structurelle, ainsi qu'a ses gouvernances privées comme d'Etat (Le rôle de l'Etat depuis toujours, malgré les tentatives d'idéalisation de l'Etat par un pseudo-matérialisme lui-même fétichisé, comme laïcisation inaccomplie des religions séculaires), est un phénomène inhérent à une économie fondée, sur le profit, l'exploitation, la concurrence éliminatoire, et donc la production de déchets, y compris dans l'humanité. Les déchets sont ici, les gens qui décompensent leurs pathologies psychiatriques suite aux trauma adaptatifs subis, sur un fondement transcendantale individuel, déjà plus ou moins vulnérable. Ces gens décompensés sont donc des produits de ce capitalisme. Mais le capitalisme recyclé. Ces décompensations des situations des trajectoires personnelles, loin de représenter un échec du capitalisme, sont aussi une matière première constituée des divers éléments, absolument indispensable au maintien et à la reproduction transmission intergénérationnelle, du capitalisme lui-même, et de ses gouvernances. 

    Il est important lorsqu'on étudie la question de l'a-lienation dans la vie sociale des individus homosapiens que nous sommes, de l'étudier comme l 'articulation de deux axes d'aliénation. Celui qui relève de l'aliénation transcendantale, c'est a dire qui relève de la plus ou moins grande vulnérabilité des individus héritée génétiquement, familialement et culturellement. Et celui qui relève de l'a-lienation sociale (on pourrait dire a-sociale), et qui a notre époque est sous directive de la dynamique capitaliste d'ensemble, générant plus ou moins, de destruction de liens sociaux, qu'ils soient transversaux et solidaires, traditionnellement familiaux incluant leurs hiérarchies patriarcale circulaires Etc). Au plus fort de l'Empire totalitaire, les liens sociaux deviennent complètement atomisés, et les liens transversaux historique de notre espèce sapiens sont abolis. 

    Les individus ne pouvant être reliés les uns aux autres que par communautarismes identitaires grégaires autour de valeurs fictionnelles restreintes et partielles, elles même en concurrence plus ou moins guerrières les unes vis a vis des autres, le tout étant relié aux hiérarchies de gouvernances biopolitique du capitalisme multipolaire et muté.

    On comprend que cette grégarisation communautariste fracturant de la société transversale et ses rapports de classes, ne peut se faire qu'avec des individus qui ont déclenché leurs pathologies dans l'épuisement, l'échec et le traumatisme, de la tentative adaptative au capitalisme en mouvement. Mais, leur replis grégarise, favorisés par les réseaux sociaux algorithmés, constituant des communautarismes identitaire fractionnaires du social intersubjectif, clivé et clivant, sont une garantie d'empêcher les mouvements des sociétés humaines de parvenir à constituer et développer des fictions fonctionnelles capables de dépasser un jour le capitalisme lui-même. Voilà on est dans la pathologies aussi de l'articulation du moi narcissique et clivé et du Je, conjugable et sociable, pour le meilleur ou le pire.

    Il faut bien comprendre qu'en dehors des sciences dures, chimie, physique, biologie du vivant, et leurs corollaires comme la géologie ou l'astrophysique par exemple, rien n'existe chez l'homo sapiens, autrement que sous la forme fictive, mais néanmoins fonctionnelle, des fictions faisant culturellement sociétés et communautés humaines, sur des échelles dépassant le clan et la famille. L'avantage adaptatif du singe sapiens que nous sommes aura été généré par sa capacite, dans sa conquête de la terre, à construire des fictions, même irrationnelles dans leur représentation idéocratique, pourvu qu'elles soient fonctionnelles. Le capitalisme et l'Etat n'échappent pas a cette règle. Leurs antagonismes prétendument révolutionnaires, n'échappent pas non plus à cette règle. Ils sont fonctionnels et fictif, comme le capitalisme est fictionnel et fictif dans les valeurs sur lesquelles il s'appuie. Il faut juste assumer cette capacité fictionnelle, si l'antagoniste veut passer a l'étape du fonctionnelle.

    C'est justement, aujourd'hui la prise de conscience, d'un capitalisme contemporain se développant fonctionnellement, malgré et grâce, au capital fictif, qu'il nous est possible, de l'associer au fait qu'il ne s'agit que d'une fiction fonctionnelle. Et que par conséquent, que toute fiction fonctionnelle peut etre remplacée par une autre fiction fonctionnelle, par résolution et dépassement des rapports de forces d'intérêts concurrentiels, à tous les étages. Mais a condition que cette fiction fonctionnelle "alternative" ou plutôt, synthèse, prouve sans les faits, l'efficacité supérieure de sa dynamique fonctionnelle.

    Tout cela pour dire, que lorsque l'on compare le capitalisme, l'économie capitaliste et ses crises, ses cycles, et mouvements, intérieurs, fait de récessions, de dépressions, d'expansion parfois maniaques, mais aussi de paradoxes déchires, ou de clivage  d'inflation, de déflation, de guerre et d'époques paradisiaques - pour les uns mais éphémères -  avec les mouvements de la psyché humaine, individuellement comme dans l'articulation avec le Collectif,  on n'est pas loin d'une certaine justesse, concordance et consubstantialité. 

    Et dans le fond, c'est tout à fait normal, dès lors qu'on a compris la capacité fictionnelle de Sapiens. Ce que Sapiens a généré, y compris a grande échelle comme le capitalisme,  est forcément à une projection de son propre psychisme, dans tous ses états possibles, mais a l'échelle démultipliée d'une société (de nos jours toute la planète).L'économie, comme la politique, ne sont donc pas des sciences dures. Pour les comprendre, il faut comprendre, dans son évolutivité dynamique, le fonctionnement cognitif, neurodéveloppemental, psychologique au sens général, et psychiatriques au sens des fractures pathologiques piste traumatiques et/ou transcendantale. L'économie psychique renvoie à L'économie générale...

    La politique, science du pouvoir de l'humain sur l'humain, renvoie à sa perversion...

    Déjà, la façon de gérer la rétention des selles chez le nourrisson,  la construction. ou non de la confiance plus tard, sont de petits indices économiques ...

    Toute une Histoire...

  • No future is good future

    thumbnail (4)_edited.jpgLe capital n'a pas seulement domestiqué la machine. Il lui a appris la peur. Les circuits qui promettaient l'ouverture tournent désormais en cage. Chaque innovation naît déjà tatouée d'un brevet, d'une clause, d'un verrou juridique. Les monopoles ne produisent plus seulement des marchandises : ils produisent le réel autorisé. L'intelligence artificielle n'est pas la prophétie d'un cerveau collectif ; elle devient le douanier algorithmique d'un territoire privatisé.

    La concurrence ? Un vieux décor. Derrière le rideau, quelques opérateurs fusionnent les flux, aspirent les données, colonisent les imaginaires. Le capital ne dépasse plus ses contradictions ; il les consolide en infrastructures. La technologie n'accélère plus l'émancipation. Elle perfectionne la captivité.

    On nous avait promis que les gains de productivité libéreraient le temps. Nous héritons d'une accélération sans délivrance. Toujours plus de travail. Toujours plus longtemps. La durée de la vie devient l'alibi de la durée de l'exploitation. On invoque les statistiques démographiques comme un prêtre récite ses psaumes comptables. Pourtant chacun sait ce que signifient les décennies qui suivent soixante ans : les corps s'usent, les maladies chroniques s'installent, la mémoire elle-même commence à négocier avec l'oubli. Après soixante-dix ans, ce ne sont plus des carrières que l'on prolonge, mais des épuisements.

    Pendant ce temps, la révolution technologique se réduit à une cosmétique du confort. Commander une pizza sur une plateforme ou pousser la porte d'un restaurant ne change rien au pain, au fromage, à la faim. L'écran vend la vitesse comme une transcendance alors qu'il ne fait qu'optimiser la même consommation sous perfusion logistique. Les versions se succèdent. Les mises à jour prolifèrent. L'objet demeure identique. Une répétition industrielle maquillée en avenir.

    Le consommateur est nourri d'itérations. Le citoyen est mis en veille.

    Les plateformes sont devenues les véritables continents. Elles définissent les coordonnées du possible. Elles dessinent les frontières invisibles des comportements, des échanges, des désirs. Elles ne se contentent plus d'héberger le monde : elles compilent ses réflexes, éditent ses croyances, administrent ses dépendances. Leurs algorithmes sont les nouvelles grammaires du pouvoir.

    Mais aucune architecture n'est éternelle. Les réseaux de production, de finance, de logistique et d'information ne portent aucune fatalité métaphysique. Ils peuvent être réécrits. Reconfigurés. Détournés. Les mêmes infrastructures qui alimentent aujourd'hui la concentration pourraient demain distribuer l'abondance. Rien n'interdit leur mutation, sinon la conservation fébrile de ceux qui les possèdent.

    Le futur n'est pas mort. Il est retenu en otage.

    Le néolibéralisme n'a pas détruit seulement les protections sociales ; il a saboté l'imagination historique. L'avenir est devenu un produit déclassé, vendu en promotion permanente : davantage d'inégalités, davantage de conflits, davantage de chaos administré. Une apocalypse sous abonnement mensuel.

    Alors je reconnais ce vieux signal, celui qui revenait dans les couloirs de ma jeunesse. Le No Future. Mais il ne résonne plus comme un slogan punk. Il ressemble désormais au diagnostic clinique d'une civilisation qui a perdu la capacité de se projeter hors de sa propre reproduction.

    Et peut-être est-ce précisément là que quelque chose recommence.

     

  • Credit Amore

    ia.jpgDans une note passée presque inaperçue au milieu du vacarme des marchés, Arend Kapteyn, stratège mondial en chef chez UBS, rappelle une mécanique aussi simple que redoutable : l’impulsion du crédit n’est pas le crédit lui-même, mais sa variation. Une dérivée seconde. Une accélération. Tant que le crédit croît plus vite qu’hier, l’économie reçoit une poussée supplémentaire. Lorsqu’il ralentit, même en continuant d’augmenter, cette poussée disparaît et se transforme en frein.

    Aujourd’hui, l’impulsion mondiale du crédit atteint +1,3 % du PIB. Autrement dit, au cours des douze derniers mois, le système économique mondial a absorbé un supplément de crédit équivalent à 1,3 % de la richesse produite sur la planète par rapport à l’année précédente. Une injection massive, mais surtout un signal de dépendance.

    Car derrière ce chiffre se cache désormais un acteur unique : l’intelligence artificielle. Les investissements liés à l’IA constituent l’essentiel du moteur qui entretient cette accélération du crédit. Si ce flux venait à s’interrompre brutalement, l’impulsion mondiale basculerait mécaniquement en territoire négatif. Le moteur principal du cycle se transformerait alors en force de contraction, avec à la clé le risque d’une récession mondiale.

    Nous sommes ainsi entrés dans une phase inédite où l’IA ne domine plus seulement les marchés financiers ; elle soutient directement l’économie réelle. Cette année, les dix plus grandes capitalisations expliquent à elles seules l’essentiel de la progression du S&P 500. Mais le phénomène va plus loin : l’IA est devenue le point d’ancrage du crédit mondial, donc du cycle lui-même.

    Toute la question est désormais de savoir à quel moment les investisseurs commenceront à regarder derrière le rideau. Derrière les promesses de croissance exponentielle s’accumulent des engagements hors bilan qui se comptent en milliers de milliards de dollars. Tant que personne ne pose de questions, la machine avance. Mais lorsqu’un système dépend à ce point de l’expansion continue du crédit, la moindre interrogation peut devenir un événement macroéconomique.

    L’histoire financière enseigne que les bulles ne meurent jamais du manque d’argent. Elles meurent lorsque les créanciers commencent à demander des comptes.