Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Crise et Mutation

  • La fin du travail selon Bill Gates

    GATES MAG.jpgBILL GAT ES ANNONCE LA FIN DU TRAVAIL. La nouvelle tombe sur les écrans comme une pièce de monnaie dans la bouche d'un mort.

    Il dit : il faut accompagner le changement.

    Accompagner.

    Comme on accompagne un condamné jusqu'à la porte. Comme on accompagne le cadavre jusqu'au four. Comme on accompagne la machine jusqu'à son prochain propriétaire.

    L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ARRIVE.

    Elle ne frappe pas. Elle ne demande pas la permission. Elle prend le poste. Un algorithme derrière le bureau. Un algorithme dans l'ambulance.

    Un algorithme qui vous sourit à l'accueil et vous explique que votre licenciement constitue une expérience personnalisée destinée à améliorer votre bien-être.

    Bill Gates n'aime pas les mauvaises nouvelles.

    Mais les mauvaises nouvelles ont déjà franchi le barrage.

    Il était une fois l'innovation. Elle portait une chemise propre, promettait l'abondance et distribuait des graphiques. Maintenant elle compte les chômeurs. Elle les compte très vite. Trop vite.

    Le vieux prophète de la Silicon Valley regarde la machine qu'il a contribué à nourrir et découvre qu'elle possède encore de l'appétit.Alors il propose une taxe.

    TAXER L'IA.

    TAXER LES ROBOTS.

    Taxer ce qui travaille sans dormir, sans salaire, sans syndicat, sans dimanche.

    Une taxe sur les fantômes productifs. L’'argent servira à former les humains. Former les humains à quoi ? À devenir quoi ? À attendre devant les machines ?

    Il faudrait aussi réserver certains emplois. Des territoires interdits aux algorithmes.

    Médecins humains.

    Professeurs humains.

    Soignants humains.

    Peut-être bientôt : interlocuteurs humains.

    Une zone protégée où la main tremble encore, où la voix hésite, où quelqu'un peut dire : « Je ne sais pas. »

    L'instance internationale sera créée.

    Un grand bâtiment de verre.

     

    COMMISSION MONDIALE POUR L'ACCOMPAGNEMENT DE LA TRANSITION.

    Des badges.

    Des écrans.

    Des traductions automatiques.

    Des robots servant le café aux délégués chargés de décider combien de robots peuvent servir le café.

    Pendant ce temps les emplois disparaissent. Pas dans une explosion. Un par un.

    Clic. Le travail devient une anomalie historique, une vieille maladie industrielle conservée dans quelques réserves humaines.

    On taxera les contenus générés par les machines. Les machines produiront les contenus.Les humains taxeront les contenus.

    Les machines analyseront les taxes.

    Les humains analyseront les analyses. Puis la machine dira :

    OPTIMISATION TERMINÉE.

    Bill Gates avait raison sur un point.

    Le monde a besoin d'un plan.

    Mais les plans appartiennent encore aux humains.

    Pour combien de temps ?

     

     

     

     

     

     

     

  • Accélération necronomique

    note def.jpg La question « voulons-nous du capitalisme ? » est d’une insoutenable naïveté. : le capitalisme n’est pas un mode spécifique de production  pouvant être remplacé, c’est une tendance irrésistible à l’effondrement de tout mode de production.

    Nick Land philosophe accélérationniste

    Les démcraties de Marché basées sur la consommation mutent peu à peu en société de contrôle social. Vient donc le règne des normauxpathes qui ne reconnaissent aucune autre addiction que celle de la dette.  Pour le reste, ils ne prennent pas d’antidépresseurs, de drogues, boivent avec modération , et traversent au feu rouge…disciplinés. Leur objectif est de nous fondre un une seule personne derrière une nation qui n’est rien d’autre qu’une construction sociale. Ils sont heureux et rêve du passé (confusion passé, présent, futur) et ont la nostalgie d’un monde qui n’a jamais existé. Ils doivent pour cela désintoxiquer les accros à la dette qui seront éliminés en fonction de leur dépendance. Alors on se plaît même à souhaiter que la descente s’accélère, le fossé se creuse davantage, optant pour une politique du pire économique en attendant, confiants, un avenir qui à défaut d’être radieux ne pourrait être que meilleur, s’il y a un avenir…»

    Beaucoup de gens ne réagissent pas mais il ne s ’agit pas d’apathie mais d’mpuissance réflexive Ils savent que les choses vont mal, mais ils savent surtout qu’ils n’y peuvent rien. L’impuissance apprise est cette étrange maladie de la volonté : après avoir rencontré trop souvent des situations impossibles à contrôler, l’individu finit par apprendre que ses gestes ne servent à rien. Il ne s’agit plus seulement d’échouer. Il s’agit d’apprendre l’échec avant même d’avoir tenté quoi que ce soit.

    Le piège est parfait parce qu’il finit par parler avec notre propre voix.

    « À quoi bon ? »

    La phrase devient un réflexe. Elle précède l’action et l’annule. Elle se glisse dans les décisions, dans les relations, dans le corps. Elle transforme chaque obstacle en preuve supplémentaire que l’obstacle est invincible. La peur n’a plus besoin de barreaux : elle possède désormais les clés. Alors la passivité ressemble à du calme.

    On reste assis pendant que les événements traversent la pièce. On regarde les portes se fermer. On regarde les autres courir. On se persuade que l’immobilité est une forme de lucidité. Peut-être même de sagesse.

    Mais il existe deux impuissances.

    La première appartient au réel : le corps a ses limites, les murs sont parfois trop hauts, l’argent manque, la maladie frappe, les circonstances imposent leur poids brutal. Il y a des chaînes qui existent réellement.

    L’autre est différente.

    Elle est fabriquée lentement par la répétition. Elle s’inscrit dans la carte que nous dessinons du monde. À force de subir, nous ne voyons plus seulement ce qui arrive : nous anticipons ce qui arrivera. Nous transformons le passé en prophétie.

    Et c’est là que le mécanisme devient monstrueux.

    Car le monde extérieur n’a plus besoin de nous enfermer. Nous transportons désormais la cage avec nous.

    Défaire cette impuissance ne consiste donc pas à se répéter que tout est possible. Le mensonge inverse ne vaut pas mieux que le premier. Il faut retrouver, morceau par morceau, la frontière entre ce qui ne dépend pas de nous et ce qui dépend encore de nous.

    Chercher la petite commande oubliée. Dans les décombres, il n’existe que la débrouillardise. Et les copains… On vit comme ça,/ indépendamment des normauxpathes et des systèmes de contrôle….

     

  • Culture change

    amazon (1).jpgChangement d’herbage réjouit les veaux d’or

    chez Amazon, qui a annoncé 30 000 licenciements cette année. Les cadres dirigeants, à l'origine de cette décision, ont ensuite déclaré haut et fort à la presse que l'automatisation n'y était pour rien, mais qu'il s'agissait d'un « culture change », d'un changement de culture de l'entreprise....

     

    Amazon en fournit une illustration presque parfaite. L’entreprise a annoncé des dizaines de milliers de suppressions de postes, tandis que ses dirigeants ont expliqué que l’automatisation n’en était pas directement responsable. Il s’agirait plutôt d’un « culture change », d’un changement de culture.

    Mais de quelle culture parle-t-on ?

    Peut-être de la culture du travail elle-même.

    Une entreprise gigantesque comme Amazon n’est pas seulement une machine à vendre des marchandises. C’est une organisation de pouvoir, une pyramide humaine dans laquelle se négocient chaque jour l’obéissance, la contestation, la rémunération et la possibilité même de faire entendre sa voix.

    Réduire brutalement cette masse salariale, ce n’est donc pas seulement modifier une feuille Excel.

    C’est déplacer le centre de gravité du pouvoir.

    L’IA apparaît alors sous un autre visage. Elle n’est plus simplement l’outil merveilleux promis par les prospectivistes. Elle devient l’instrument idéologique d’une nouvelle guerre sociale, une machine à rendre acceptable ce qui, hier encore, aurait été présenté comme une mesure de réduction des coûts.

    La vieille histoire du capitalisme se poursuit, mais elle a changé de vocabulaire.

    On ne dit plus : « nous n’avons plus besoin de vous ».

    On dit : « nous entrons dans une nouvelle ère ».

    Et dans cette nouvelle ère, il faudra surtout apprendre à reconnaître ceux qui seront autorisés à parler, ceux qui seront chargés de décider, et ceux dont la disparition sera présentée comme une preuve de progrès.